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Politique

États-Unis-Afrique : vers la destruction de 10 millions de dollars de contraceptifs, les ONG dénoncent un scandale humanitaire

Près de 10 millions de dollars de contraceptifs destinés à l’Afrique subsaharienne pourraient être détruits à la demande de l’administration Trump. Stockés actuellement en Belgique, ces produits financés sous la présidence de Joe Biden devraient être incinérés en France à la fin du mois de juillet, selon The Guardian. La décision provoque une vive indignation parmi les ONG féministes et les défenseurs des droits humains.

Un revirement politique aux conséquences concrètes

Ces contraceptifs avaient été achetés dans le cadre de la coopération internationale entre les États-Unis et les pays du Sud. Leur destruction est aujourd’hui réclamée par l’administration Trump, dans un geste de rupture avec la politique de santé publique menée par Joe Biden. Le président républicain fraîchement réinstallé entend désormais réorienter les aides américaines en priorité vers les citoyens américains, reléguant au second plan les bénéficiaires africains.

Mobilisation en France contre une incinération « absurde »

En France, plusieurs associations le Planning familial, Osez le féminisme, la Ligue des droits de l’Homme ou encore la FSU se mobilisent pour empêcher cette destruction. Une pétition a été lancée ce 30 juillet pour interpeller directement le président Emmanuel Macron et dénoncer un « gâchis économique et humain ». Ces organisations soulignent l’absurdité de la situation : la destruction n’aurait aucun impact budgétaire positif pour l’USAID, mais signifierait une perte sèche de ressources essentielles pour la santé sexuelle de milliers de femmes africaines.

Un débat idéologique sous-jacent

La décision de l’administration Trump s’inscrit dans une vision profondément conservatrice, hostile à toute forme d’avortement. Dès ses premiers jours au pouvoir, le président a abrogé des mesures garantissant l’accès à la pilule du lendemain et renforçant la confidentialité des données des femmes ayant recours à une IVG. Les contraceptifs concernés par cette affaire sont qualifiés de « produits abortifs », ce qui cristallise encore davantage les tensions idéologiques.

Ironie du sort : c’est la France premier pays au monde à avoir inscrit le droit à l’IVG dans sa Constitution en mars 2024 qui pourrait se retrouver à incinérer ces produits, à contre-courant de ses engagements.

Enjeux géopolitiques et diplomatiques

La Belgique, où les produits sont entreposés, affirme avoir entamé des discussions diplomatiques avec l’ambassade américaine à Bruxelles afin d’éviter ce scénario. Le ministère français de la Santé a également fait savoir qu’il s’opposait à la destruction de ces contraceptifs.

Mais la décision finale reste suspendue à une bataille juridique et diplomatique complexe, révélatrice d’un affrontement entre deux visions du monde : l’une tournée vers la solidarité internationale et les droits reproductifs, l’autre marquée par un repli nationaliste et une morale conservatrice.

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