Il est essentiel de le rappeler d’entrée : Garango est une ville bien réelle du centre-est du Burkina Faso . À Bouaflé, en Côte d’Ivoire, le nom Garango désigne une localité née de l’installation ancienne de populations burkinabè, majoritairement originaires de cette ville et de ses environs. Cette réalité n’est ni fortuite ni illégale : elle s’inscrit dans une histoire migratoire obligatoirement encadrée par les États , avec la Côte d’Ivoire comme principal moteur.
Une migration organisée à l’initiative de la Côte d’Ivoire
La présence burkinabè en Côte d’Ivoire repose notamment sur la Convention du 9 mars 1960 , signée entre la Côte d’Ivoire et l’ancienne Haute-Volta, puis ratifiée le 2 septembre 1960 par les deux pays , sous l’ère du président Félix Houphouët-Boigny . Cette convention, appliquée à la demande de la Côte d’Ivoire , visait à organiser le recrutement, l’emploi et le séjour des travailleurs voltaïques sur le territoire ivoirien. À l’époque, le jeune État ivoirien, en pleine construction économique, avait besoin de main-d’œuvre pour l’agriculture, les chantiers et les activités commerciales.
La migration n’était donc pas anarchique : elle était juridiquement encadrée, politiquement assumée et économiquement .
Garango à Bouaflé, héritage direct de cette convention
C’est dans ce contexte que des familles lieux de Garango (Burkina Faso) se sont installées durablement à Bouaflé. Avec le temps, leur zone d’habitation a naturellement pris le nom de leur localité d’origine, donnant naissance à Garango à Bouaflé , aujourd’hui bien connu des habitants. Cette localité est ainsi le résultat concret de l’application de la convention de 1960 , qui autorisait et protégeait la présence des travailleurs burkinabés en Côte d’Ivoire.
Une identité burkinabè visible, mais un ancrage ivoirien assumé
À Garango (Bouaflé), les marqueurs culturels burkinabè sont évidents :
langues parlées, solidarités communautaires, pratiques sociales, organisation familiale. Mais cette identité ne s’oppose pas à l’appartenance nationale.
Les habitants de Garango participent pleinement à la vie économique et sociale ivoirienne , notamment dans : l’agriculture, le commerce, les petits métiers urbains. Garango n’est ni une enclave étrangère ni un territoire autonome. C’est un espace ivoirien façonné par l’histoire migratoire ouest-africaine , sous impulsion ivoirienne.
Deux Garango, une même trajectoire humaine
Il existe donc : Garango au Burkina Faso , ville d’origine, Garango à Bouaflé , héritage vivant d’une migration encadrée par le droit. Cette dualité rappelle une vérité souvent oubliée dans les débats contemporains : la Côte d’Ivoire a historiquement organisée, accueillie et intégrée ces populations , dans un cadre juridique clair, bien avant les crispations actuelles.
Une leçon pour aujourd’hui
À l’heure où les questions migratoires sont souvent instrumentalisées, Garango à Bouaflé rappelle que la cohabitation ivoire-burkinabè repose sur des accords historiques , signés, ratifiés et appliqués par les États eux-mêmes Comprendre Garango, c’est comprendre une partie de l’ADN ivoirien : un pays bâti par le travail, la mobilité et le brassage , sous l’autorité de ses lois.
