À moins de trois mois de la présidentielle ivoirienne, la scène politique semble s’engager dans une redistribution des cartes inattendue. Le positionnement officiel de Ahoua Don Mello, ancien collaborateur et vice-président du PPA-CI chargé du panafricanisme, constitue bien plus qu’une simple annonce de candidature. C’est un mouvement stratégique lourd de conséquences pour le camp de Laurent Gbagbo, son ancien mentor.
Alors que beaucoup s’attendaient à un élan collectif autour de la candidature de Gbagbo supposée naturelle et incontestable c’est désormais une série de désolidarisations qui se dessine. En consultant Simone Gbagbo, Pascal Affi N’Guessan et Mamadou Koulibaly, Don Mello adresse un signal clair : l’axe historique autour de Gbagbo se fissure, les anciens fidèles se tournent vers d’autres options.
Cette dynamique interne au PPA-CI met en lumière une fragilité de plus en plus visible : Gbagbo, en position d’inéligibilité et absent de la liste électorale, peine à fédérer son propre camp. D’ailleurs, les propos de Don Mello dans Jeune Afrique affirmant que « la candidature de Gbagbo est impossible à ce stade » actent une rupture. Le PPA-CI semble déjà explorer un « plan B » en dehors de sa figure emblématique.
Face à cette fragmentation du camp Gbagbo, le RHDP, parti au pouvoir, ne peut que savourer ces déséquilibres. Dans ce contexte, Adjoumani multiplie les sorties pour marteler sa vision d’un processus électoral apaisé, tout en ironisant sur l’impréparation de l’opposition. La majorité présidentielle bénéficie non seulement d’une sérénité organisationnelle, mais aussi d’une opposition affaiblie et divisée.
Cette fragmentation rebat les cartes de l’opposition, transforme les alliances, et pourrait bien profiter au RHDP qui, malgré les critiques, conserve une base solide et une machine électorale bien huilée.
