La tension politique s’intensifie en Guinée. Les Forces Vives, coalition regroupant partis politiques, syndicats et organisations de la société civile, montent au créneau pour dénoncer la tenue prochaine d’un référendum sur une nouvelle Constitution. Selon elles, ce projet ouvrirait la voie au général Mamadi Doumbouya, actuel président de la transition, pour s’octroyer un mandat illimité, synonyme de « présidence à vie ».
Une contestation frontale contre le projet constitutionnel
Les Forces Vives estiment que ce référendum, annoncé sans large consensus national, détourne l’esprit même de la transition entamée après le renversement d’Alpha Condé en septembre 2021. Elles accusent le chef de la junte de confisquer le processus démocratique et de préparer, sous couvert de réformes institutionnelles, une réécriture des règles à son avantage.
« Nous ne pouvons pas accepter que cette transition soit un tremplin pour une présidence éternelle », a martelé un porte-parole du mouvement.
Le spectre d’une dérive autoritaire
Si le texte constitutionnel est adopté, il pourrait permettre à Mamadi Doumbouya de se présenter à la prochaine présidentielle, en repartant sur de nouveaux mandats, un scénario qui rappelle les crises constitutionnelles observées dans plusieurs pays africains ces dernières années.
Pour les opposants, il ne s’agit pas seulement d’un débat juridique mais bien d’une question de survie démocratique. Les Forces Vives appellent à une mobilisation nationale et internationale pour empêcher la tenue de ce scrutin, qu’elles jugent illégitime et dangereux pour la stabilité du pays.
Un contexte politique explosif
La Guinée reste marquée par une forte instabilité depuis le coup d’État de 2021. Malgré les promesses de réformes et de retour rapide à l’ordre constitutionnel, le calendrier de la transition a été sans cesse repoussé, alimentant les soupçons d’une volonté de prolonger indéfiniment le pouvoir militaire.
