La Guinée a officiellement demandé à la France la restitution du crâne de Bokar Biro Barry, figure emblématique de la résistance à la colonisation française et dernier Almamy du Fouta-Djalon. Une démarche qui s’inscrit dans la volonté des autorités guinéennes de récupérer des éléments majeurs de leur patrimoine historique.

Un dirigeant qui a marqué l’histoire de la Guinée
À la fin du XIXᵉ siècle, Bokar Biro Barry dirigeait le Fouta-Djalon, un État théocratique fondé en 1725 qui occupait une place importante dans l’histoire de l’actuelle Guinée. En tant qu’Almamy, il exerçait à la fois les fonctions de chef politique et d’autorité religieuse.
À cette époque, la France poursuivait son expansion coloniale en Afrique de l’Ouest. Refusant de se soumettre, Bokar Biro s’est opposé à l’avancée des troupes françaises, faisant de lui l’une des principales figures de la résistance guinéenne.
Un symbole de la résistance
Capturé lors de la conquête du Fouta-Djalon, Bokar Biro est tué à la fin du XIXᵉ siècle. Son crâne est ensuite transporté en France, où il est conservé parmi les collections patrimoniales.
Pour les autorités guinéennes, il ne s’agit pas d’un simple vestige historique, mais d’un symbole fort de la lutte pour la liberté et de l’identité nationale.
Une demande officielle de restitution
Après avoir engagé des démarches pour récupérer des objets ayant appartenu à Samory Touré, autre grande figure de la résistance ouest-africaine, la Guinée a officiellement demandé le retour du crâne de Bokar Biro ainsi que de ceux de trois de ses proches.
Cette demande intervient dans un contexte où plusieurs pays africains multiplient les initiatives afin d’obtenir la restitution de biens culturels et de restes humains conservés dans d’anciens pays colonisateurs.
Un retour pour une inhumation
Contrairement à certains pays qui choisissent d’exposer ces pièces dans des musées, la Guinée prévoit d’offrir à Bokar Biro une inhumation digne, conformément à ses traditions. Les autorités envisagent également de lui rendre un hommage national afin de reconnaître son rôle dans l’histoire du pays.
Si les discussions avec la France aboutissent, le retour des restes de Bokar Biro constituera une nouvelle étape dans le travail de mémoire entrepris par la Guinée et dans les efforts de restitution du patrimoine africain.































