Habituellement installée dans le fauteuil de l’inquisitrice, l’animatrice et comédienne ivoirienne Ividero a inversé les rôles dans un numéro exceptionnel de son émission The Code. Face au journaliste Martial, l’icône du digital s’est mise à nu, livrant un témoignage poignant sur les coulisses impitoyables du showbiz ivoirien, son départ fracassant de la télévision, et les complots cybernétiques qui ont mené à la suppression de sa communauté de 2,3 millions de fans.
Le grand déballage : Pourquoi elle a quitté son émission télévisée
Pendant trois ans, le nom d’Ividero s’est confondu avec un talk-show à succès sur une grande chaîne privée ivoirienne. Pourtant, au sommet de la gloire, elle a choisi de tout plaquer. Pour la première fois, elle explique l’envers du décor : un sentiment d’exclusion et des tensions internes étouffantes.

« À un moment donné, j’ai eu l’impression que je n’étais plus associée à ma propre émission », confie-t-elle.
Le point de rupture survient lorsque son « père professionnel », le directeur général de la chaîne, lui retire son soutien pour privilégier une chroniqueuse de l’équipe. Réalisant que l’atmosphère était devenue délétère et que ses propres collaborateurs se retournaient contre elle en moins de 48 heures, l’animatrice a préféré préserver sa santé mentale et sa liberté : « Il faut savoir partir avant qu’on ne t’humilie. »
Le choc du nom « Ivi de Rochow » : Un dépôt à son insu
L’un des moments les plus saisissants de l’interview concerne son identité artistique. En voulant déclarer sa nouvelle émission en Europe, l’animatrice découvre avec stupeur que son nom de scène, Ivi de Rochow, a fait l’objet d’un dépôt de marque par une autre entité, et ce, à son insu.
Privée de son identité forgée par des années de dur labeur, elle fond en larmes. Un conseiller lui glissera simplement : « Cherche un autre nom si tu ne veux pas t’attirer d’ennuis. » C’est de cette douloureuse épreuve qu’est née la résilience, et le concept The Code by Ividero.
Le bal des ex-amitiés : Maloues, José et les « jouets » du web
Dans la rubrique « Le choc des codes », Ividero a tenu à clarifier ses relations tumultueuses avec plusieurs figures majeures du showbiz.
Emma Maloues : Ividero confirme qu’elles ne sont plus proches, décrivant l’amitié comme un « bus » où les gens montent et descendent. Elle évoque des quiproquos nés de réseaux sociaux, des filtres de vidéos décontextualisés, et le sentiment d’avoir servi de bouclier anti-balle pour une amie qui, par la suite, s’est affichée avec des personnes qui l’insultaient publiquement.

José et Seri Dié : Balayant les rumeurs de haine, Ividero explique que les tensions sont nées d’un malentendu orchestré par un ami commun (chroniqueur) qui transmettait des ragots déformés. Cet imbroglio a mené à des convocations de ses chroniqueurs à la police. Aujourd’hui, elle affirme écouter en boucle les morceaux de José et n’avoir aucune animosité.
Le cinéma ivoirien et ses cachets : Interrogée sur sa rareté dans les films, elle déplore le manque de considération financière pour les acteurs en Côte d’Ivoire : « Ils n’ont pas mon prix. Je connais ma valeur. » Elle salue au passage des figures comme Akissy Delta et Thérèse Tabac, tout en glissant une anecdote sur une déception passée avec Adrienne Koutouan.
Le sabotage ultime : La suppression de sa page Facebook
C’est sans doute le coup le plus dur de sa transition numérique. Alors qu’elle lançait son émission indépendante, sa page historique de 2 300 000 abonnés a été la cible d’une campagne de signalements massifs durant 7 à 8 mois.
L’algorithme de Facebook a finalement tranché pour « usurpation d’identité », supprimant des années de souvenirs, de partenariats et de vidéos. Fidèle à sa philosophie, Ividero refuse de s’apitoyer :
« Au lieu de m’asseoir et de réfléchir à ce que j’ai perdu, je préfère me concentrer sur ce que je peux créer. »
En un mois, sa nouvelle page communautaire a déjà franchi la barre des 70 000 abonnés, portée par une audience migratrice massive vers YouTube.
Une femme de l’ombre et de foi
Loin des caméras de divertissement, Ividero révèle avoir géré avec brio la communication digitale du Ministère de la Jeunesse de juillet 2025 à avril 2026 via sa structure, Waraba Groupe. Sur le plan politique, elle refuse l’étiquette du RHDP qu’on lui colle souvent : « Je suis légitimiste. J’aime le président actuel parce qu’il fait du bon boulot, mais j’aime tous les présidents de mon pays. »
Enfin, l’animatrice a conclu sur une note d’humour et de spiritualité. Évoquant sa relation fusionnelle avec l’archevêque Vincent Kodja (qu’elle considère comme son père), elle s’est définie avec esprit comme une « musulmane méthodiste », une formule bien à elle pour exprimer sa foi transfrontalière et son amour des êtres au-delà des dogmes.































