La Côte d’Ivoire a décidé de prendre des mesures de rétorsion contre les compagnies françaises Air France et Corsair, accusées de ne pas respecter les principes de concurrence équitable sur la ligne Abidjan–Paris, l’une des plus fréquentées d’Afrique de l’Ouest.
Selon plusieurs médias, dont Le Point Afrique et Cinews CI, le gouvernement ivoirien a bloqué la validation du programme de vols d’hiver de ces deux compagnies. Cette mesure vise à protester contre un déséquilibre commercial et opérationnel au détriment de la compagnie nationale Air Côte d’Ivoire, récemment entrée sur ce même marché stratégique.
Air Côte d’Ivoire entre dans l’arène internationale
L’annonce survient quelques jours après le lancement du premier vol long-courrier d’Air Côte d’Ivoire vers Paris, le 15 octobre 2025, marquant une étape majeure dans la stratégie de souveraineté économique du pays.
Avec son nouvel Airbus A330neo, la compagnie ivoirienne souhaite rétablir une concurrence loyale sur la ligne Abidjan–Paris, longtemps dominée par les compagnies françaises.
Les fondements juridiques de la décision
Les autorités ivoiriennes s’appuient sur l’accord bilatéral aérien franco-ivoirien signé en 2016, qui stipule à son article 5 que les compagnies aériennes désignées par les deux États doivent bénéficier de « possibilités équitables et égales de concurrence ».
D’après le ministère ivoirien des Transports, Air France et Corsair auraient profité d’un accès privilégié au marché ivoirien sans respecter pleinement les clauses de réciprocité.
Une sanction symbolique, mais lourde de sens
Le blocage des programmes de vols d’hiver pour Air France et Corsair n’équivaut pas à une interdiction totale, mais à un gel administratif temporaire des autorisations nécessaires pour planifier leurs liaisons.
Cette décision traduit la volonté d’Abidjan d’affirmer sa souveraineté aérienne, alors que le pays cherche à développer un hub régional fort autour de l’aéroport Félix Houphouët-Boigny, récemment agrandi.
Un nouvel équilibre à construire
Ce bras de fer illustre un changement profond des rapports économiques entre l’Afrique de l’Ouest et les anciennes puissances coloniales.
En prenant une telle mesure, la Côte d’Ivoire envoie un signal fort : elle entend défendre ses intérêts économiques face aux compagnies étrangères, tout en favorisant le développement de ses propres acteurs stratégiques.
Plusieurs analystes estiment que le dialogue bilatéral devra s’intensifier dans les prochains jours afin d’éviter un impact sur les passagers ivoiriens et français, qui utilisent quotidiennement cette ligne commerciale vitale.
Pour Air France et Corsair, la balle est désormais dans le camp des négociations.
Les discussions avec le ministère ivoirien des Transports devraient se poursuivre dans les prochains jours afin de trouver un terrain d’entente respectant les accords internationaux.
Du côté d’Abidjan, Air Côte d’Ivoire continue de consolider sa flotte et d’élargir son réseau régional et intercontinental. La compagnie ambitionne d’ouvrir d’autres destinations long-courrier dès 2026, notamment vers Dubaï et Washington.
