Ce mardi après-midi, la présidente du Mexique, Claudia Sheinbaum, faisait le court trajet à pied entre le Palais national et le ministère de l’Éducation à Mexico, comme elle le fait souvent pour donner l’image d’une dirigeante proche des citoyens.
Alors qu’elle saluait les passants, un homme visiblement ivre s’est approché : il a tenté d’embrasser la présidente, puis de la saisir par la taille et lui toucher la poitrine, avant qu’un de ses assistants n’intervienne.
La scène a été filmée puis largement partagée sur les réseaux sociaux, provoquant une vague d’indignation.
Le lendemain, Sheinbaum a annoncé avoir déposé plainte contre l’agresseur, soulignant que « si cela arrive à la présidente, qu’en est-il de toutes les femmes jeunes de notre pays ? »
Elle a également demandé une révision des lois nationales pour que le harcèlement de rue soit considéré comme un crime effectif dans les 32 États du Mexique.
La présidente a précisé qu’elle ne changerait pas son habituel style de proximité avec les citoyens : « Nous devons rester proches du peuple ».
Un miroir du problème national
L’incident a ravivé la lumière sur le problème généralisé du harcèlement sexuel et des agressions dans l’espace public au Mexique.
Selon les chiffres cités par les médias, environ 70 % des femmes de plus de 15 ans au Mexique ont subi un acte de harcèlement dans la rue.
L’agression a donc une portée symbolique : si la plus haute responsabilité du pays n’est pas à l’abri, quelles sont les conditions de sécurité des femmes ordinaires ?
Sécurité et enjeux politiques
La façon dont s’est déroulée l’agression aux abords d’un lieu officiel, devant des passants, avec un agent de sécurité présent mais peu réactif soulève des interrogations sur la sécurité de la présidence et le dispositif de protection adopté.
Par ailleurs, le timing intervient dans un contexte où le gouvernement de Sheinbaum est déjà sous pression pour sa gestion de la violence contre les femmes, et pourrait profiter de cet événement pour renforcer l’agenda de lutte contre les violences sexistes.
Un tournant potentiel pour les droits des femmes
La cheffe d’État a utilisé cette attaque personnelle comme un levier politique en appelant à ce que le harcèlement de rue soit traité comme un crime, et non simplement comme une gêne sociale. Cela pourrait donner lieu à des réformes législatives significatives.
L’opinion publique et les collectifs féministes y voient une opportunité mais aussi un test : les paroles se traduiront elles en actes ?
