La capitale malienne et plusieurs villes stratégiques du pays ont été le théâtre d’attaques simultanées d’une violence inédite ce samedi 25 avril 2026. Si les autorités assurent avoir repris le contrôle, l’ampleur de cette opération coordonnée plonge le pays dans une incertitude sécuritaire profonde.
Un samedi de feu sur la capitale
Il était à peine 6 heures du matin hier lorsque les premières détonations ont retenti à Bamako. En quelques minutes, des assaillants lourdement armés, infiltrés en ville, ont lancé des assauts contre les symboles les plus protégés de l’État : le palais présidentiel de Koulouba et le camp militaire de Kati, bastion du pouvoir.
Au même moment, l’aéroport international et le siège du ministère de la Défense devenaient des zones de combats urbains. Selon des sources concordantes, des tirs intenses ont visé la résidence du général Assimi Goïta, forçant son exfiltration sécurisée par ses unités d’élite.
Le cœur du pouvoir frappé à Kati
C’est une perte immense pour la junte au pouvoir. Le colonel Sadio Camara, l’un des hommes les plus influents du pays et architecte de la nouvelle stratégie militaire malienne, a succombé lors de l’assaut contre sa résidence à Kati.
L’attaque, d’une violence extrême, aurait été perpétrée par le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM). Sa demeure a été en grande partie détruite par une forte explosion. Selon des sources familiales et gouvernementales, son épouse aurait également péri lors de ce raid ciblé. Figure centrale du coup d’État de 2020 et proche compagnon du général Assimi Goïta, sa disparition laisse un vide stratégique majeur au sommet de l’État.
Une offensive nationale : Du Sud au Nord
Ce qui frappe les observateurs, c’est la synchronisation chirurgicale de l’attaque. Pendant que Bamako luttait pour sécuriser ses rues, des vagues d’assauts frappaient simultanément Gao, Mopti, Sévaré et Bourem.
Pour la première fois, une alliance tactique semble avoir été scellée entre le Groupe de Soutien à l’Islam et aux Musulmans (JNIM) et les indépendantistes du Front de Libération de l’Azawad (FLA). Ces derniers affirment d’ailleurs ce matin avoir repris le contrôle total de la ville de Kidal, infligeant un revers symbolique majeur aux Forces Armées Maliennes (FAMa).
La réaction des FAMa : Entre riposte et ratissage
Dans un communiqué diffusé tard hier soir à la télévision nationale, l’État-Major des Armées s’est voulu rassurant. Les autorités affirment que l’offensive a été « contenue » et que la situation est désormais sous contrôle total.
Les opérations de ratissage se sont poursuivies toute la nuit, appuyées par les vecteurs aériens et le soutien technique des partenaires russes d’Africa Corps. Le bilan officiel, encore provisoire, fait état de plusieurs dizaines d’assaillants neutralisés, mais les pertes matérielles, dont au moins un hélicoptère abattu, témoignent de la rudesse des affrontements.
Un tournant dans la crise
Cette attaque de grande envergure intervient alors que Bamako subissait déjà un blocus partiel sur le carburant et les denrées depuis plusieurs mois. En frappant le cœur politique du pays, les assaillants ont brisé le sentiment de sécurité relative qui prévalait dans le Sud du Mali.
Alors que les ambassades appellent à la plus grande prudence et que les liaisons aériennes restent perturbées, le Mali entre dans une semaine de haute tension. La question reste entière : s’agit-il d’un coup d’éclat isolé ou du début d’une nouvelle phase de déstabilisation globale ?
