Société

Le suçon au cou : une tendance qui séduit de plus en plus de jeunes en Côte d’Ivoire

Longtemps perçu comme un simple geste affectif entre partenaires, le suçon au cou cette trace rouge laissée sur la peau après un baiser appuyé est aujourd’hui devenu une véritable « marque » chez de nombreux jeunes en Côte d’Ivoire. Dans les cours de lycées, les universités, mais aussi sur les réseaux sociaux, les suçons sont de plus en plus affichés sans complexe, suscitant débats et polémiques.

Entre preuve d’amour et effet de mode

Pour certains jeunes, le suçon symbolise une preuve d’attachement. « Quand mon copain me fait un suçon, c’est comme s’il disait que je suis à lui », confie A., 19 ans, étudiante. Mais au-delà de la symbolique amoureuse, il s’agit aussi d’un effet de mode alimenté par les séries, les clips musicaux et l’influence des cultures étrangères. Montrer un suçon, c’est parfois afficher une vie intime active, voire provoquer l’entourage.

Un phénomène social qui interroge

Les sociologues y voient l’expression d’une jeunesse en quête d’identité et de visibilité. Le geste, autrefois discret, devient public et assumé. Pour le sociologue Y. K., « l’acceptation sociale de cette pratique traduit à la fois un besoin de reconnaissance et une volonté de s’émanciper des codes traditionnels ».

Entre banalisation et malaise

Dans le milieu scolaire, les suçons provoquent souvent des remontrances. Des enseignants y voient un signe de « dévergondage » et une atteinte à l’image des jeunes filles en particulier. Les parents, eux, oscillent entre inquiétude et résignation. « Quand ma fille est rentrée avec un suçon, j’ai eu l’impression qu’elle voulait me défier », témoigne une mère rencontrée à Abidjan.

Des risques souvent ignorés

Derrière l’apparente banalité, la pratique n’est pas sans conséquences. Outre l’impact social et l’image renvoyée, les médecins rappellent que le suçon est une ecchymose donc une petite lésion cutanée qui peut, dans de rares cas, entraîner des complications médicales.

Le suçon au cou illustre l’évolution des pratiques intimes et leur exposition croissante dans l’espace public. Entre symbole d’amour, marque d’appartenance et simple effet de mode, la pratique continue de diviser.
Reste à savoir si elle s’inscrira durablement dans les codes amoureux des jeunes Ivoiriens ou si elle disparaîtra aussi vite qu’elle est apparue.

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