Depuis longtemps, une phrase circule en Côte d’Ivoire, souvent sur le ton de l’humour ou de la caricature : « Les Guérés mangent l’homme » . Ce cliché, qui colle à la peau de ce peuple de l’ouest ivoirien, repose pourtant sur une méconnaissance profonde de leurs traditions ancestrales.
Le mystère des enterrements secrets
L’une des principales origines de ce mythe vient de la manière dont les Guérés géraient autrefois leurs défunts. Contrairement à d’autres cultures, les inhumations ne se faisaient pas en public et il n’y avait pas de cimetières visibles
Les enterrements se déroulaient :
De nuit, dans le plus grand secret. Loin des regards, parfois dans des champs ou à proximité des habitations. Sans laisser de traces, le sol étant soigneusement nivelé après l’inhumation. Pour les étrangers, l’absence de tombes visibles laissait place à l’imagination et aux interprétations les plus sombres
La confusion avec le chimpanzé
Un autre facteur a nourri cette légende urbaine : la consommation de viande de chimpanzé. En raison de la ressemblance physique entre cet animal et l’être humain, certains raccourcis ont été faits, transformant une habitude alimentaire locale en un fantasme de cannibalisme
Une réalité faite de pudeur et de respect
Leurs rites funéraires, bien que discrets, étaient empreints de respect et de pudeur. Si aujourd’hui les pratiques ont évolué et que les cimetières sont désormais visibles, le préjugé, lui, persiste à travers le temps
