Le chiffre de 744 milliards de FCFA de pertes annuelles (pour environ 142 tonnes d’or) provient de l’évaluation des revenus qui échappent à l’État, tels que les taxes minières, les droits de douane sur l’exportation et les redevances qui seraient perçues si cette production était légale.
L’or extrait illégalement quitte le territoire national sans passer par les circuits officiels de commercialisation ou d’exportation. Cela constitue une fuite de devises et de capitaux considérable. Les exploitants illégaux ne paient ni impôts, ni taxes, ni redevances minières, privant le budget de l’État de ressources qui pourraient être investies dans les services publics (santé, éducation, infrastructures).
Il est à noter que des sources gouvernementales ivoiriennes ont récemment évoqué des pertes annuelles s’élevant à plus de 3 000 milliards de FCFA, illustrant la gravité du phénomène et la variation des estimations.
Conséquences Sociétales et Environnementales
Au-delà de l’aspect strictement financier, l’orpaillage illégal génère des conséquences désastreuses pour les communautés locales et l’environnement :
L’activité illégale provoque une déforestation massive, l’érosion des sols et la création de vastes zones de terres infertiles (trous béants). L’utilisation de mercure pour l’amalgamation de l’or (séparation du métal précieux) contamine les sols et les sources d’eau, représentant un danger majeur pour la santé publique (maladies neurologiques, rénales) et l’écosystème. Les sites d’orpaillage illégal sont souvent des zones de non-droit, associées à la violence, à la prostitution, à la consommation de drogues et à des conflits fonciers entre les communautés et les orpailleurs. La présence d’individus et de réseaux transfrontaliers non identifiés sur ces sites représente un risque en matière de sécurité nationale, notamment dans les zones frontalières.
La Réponse de l’État Ivoirien
Face à l’ampleur de ce fléau, l’État de Côte d’Ivoire a renforcé son dispositif de lutte :
Des unités spécialisées mènent des opérations de répression régulières pour démanteler les sites, saisir le matériel (motopompes, pelleteuses, etc.) et interpeller les orpailleurs illégaux. À long terme, l’État cherche à formaliser l’activité minière artisanale et à petite échelle (EMAPE) afin d’intégrer les acteurs dans le circuit légal, de leur fournir des technologies sans mercure et de percevoir les revenus.
Les autorités appellent les populations locales à collaborer et à faire preuve de vigilance citoyenne pour dénoncer ces pratiques destructrices et ainsi préserver les ressources économiques du pays.
