À quelques semaines des élections présidentielles en Côte d’Ivoire, le Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU, Leonardo Santos Simão, a appelé les acteurs politiques à assurer un scrutin apaisé et à résoudre leurs différends par la voie légale. Un message que beaucoup saluent… mais qui soulève aussi une question essentielle : l’ONU a-t-elle encore un vrai poids sur le continent africain ?
Depuis des années, ses missions en Afrique de l’Ouest au Mali, au Burkina Faso, en Guinée et même en Côte d’Ivoire ont souvent été saluées pour leur présence diplomatique.
Mais les résultats laissent parfois perplexe. Les crises électorales et les coups d’État militaires récents montrent que ses recommandations sont souvent ignorées ou minimisées par les acteurs locaux.
Certains observateurs dénoncent un » laxisme « institutionnel : des rapports, des appels, des résolutions… mais peu de moyens concrets pour garantir la paix ou faire respecter les standards démocratiques. En d’autres termes, l’ONU peut conseiller, rappeler les règles, mais elle ne peut pas contraindre un gouvernement national à suivre ses recommandations.
La question devient alors légitime : les déclarations solennelles de l’ONU servent-elles réellement à sécuriser le processus électoral, ou relèvent-elles davantage d’une posture diplomatique symbolique ?
En Côte d’Ivoire, l’appel à la paix de l’ONU est moralement important, mais l’impact réel sur le terrain dépend surtout de la volonté des partis politiques, des candidats et de la population. L’histoire récente montre que, malgré les missions d’observation et les médiations, les tensions post-électorales persistent souvent, laissant planer un doute sur l’efficacité réelle de l’ONU en matière électorale.
Alors, l’ONU : arbitre de la paix ou spectateur impuissant ? C’est la question qui divise aujourd’hui les experts et qui pourrait alimenter de nombreux débats à l’approche du scrutin ivoirien.
