Le ton est monté d’un cran lors de la conférence de presse du RHDP, ce mercredi 28 mai 2025, au siège du parti à Cocody. Mamadou Touré, ministre et porte-parole adjoint du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix, n’a pas mâché ses mots : entre mise au point économique, attaque frontale contre l’opposition et fermeture politique à toute alternative au sein du parti, la ligne est claire.
“La Côte d’Ivoire a une dette maîtrisée en deçà de la norme communautaire. Tout le reste n’est que démagogie”, a lâché Mamadou Touré, balayant d’un revers de main les critiques de l’opposition sur le niveau d’endettement du pays. Pour lui, il ne s’agit que d’un écran de fumée : “Nous avons la Côte d’Ivoire des prophètes du chaos et la Côte d’Ivoire réelle d’Alassane Ouattara qui avance.”
Des propos forts qui tracent une ligne de fracture nette : d’un côté les alarmistes, de l’autre, ceux qui construisent. “La Côte d’Ivoire avance sur tous les plans et reste attractive”, a-t-il insisté, comme pour fermer tout débat sur les difficultés économiques soulevées ces derniers mois.
Sur le terrain politique interne, la déclaration de candidature d’Évariste Méambly à la tête du RHDP pour la présidentielle d’octobre a été minimisée, sinon neutralisée : “Si Monsieur Méambly veut être candidat, c’est son droit”, a simplement dit Mamadou Touré. Un droit reconnu, mais vidé de toute portée politique par la suite des échanges.
Car du côté du RHDP, l’unanimité semble déjà scellée autour d’Alassane Ouattara. Le ministre Amédé Koffi Kouakou, président du comité d’organisation du prochain congrès, l’a affirmé : “Les pré-congrès du RHDP ont atteint leurs objectifs : l’adhésion unanime des militants à la candidature du président Ouattara.”
Même son de cloche du côté de Mariatou Koné, présidente du comité scientifique : “Notre candidat naturel à ce jour, c’est bel et bien Alassane Ouattara.”
Le deuxième congrès ordinaire du RHDP, prévu les 21 et 22 juin à Abidjan, ne devrait donc être qu’une formalité. Une confirmation officielle d’un choix déjà tranché, dans un climat où toute voix divergente qu’elle vienne de l’opposition ou de l’intérieur semble étouffée sous le poids du “consensus”.
En clair : le RHDP déroule, Ouattara s’impose, et Mamadou Touré donne le ton musclé.
