Une attaque armée a endeuillé le village de Difita, dans le département de Téhini, dans la nuit du 24 au 25 août. Le drame, survenu à proximité de la frontière avec le Burkina Faso, a immédiatement ravivé les craintes d’un retour de la menace jihadiste dans le nord ivoirien. Mais selon les premiers éléments de l’enquête, la piste terroriste ne serait pas la plus plausible.
Un règlement de comptes plutôt qu’un acte terroriste
« Rien n’indique qu’il s’agit d’une opération organisée par des groupes armés terroristes », confie une source sécuritaire. L’attaque viserait plutôt des habitants accusés de collusion avec les Volontaires pour la défense de la patrie (VDP), des supplétifs civils mobilisés par le gouvernement burkinabè pour appuyer son armée face aux groupes jihadistes.
Une source gouvernementale, citée par l’AFP, abonde dans ce sens : « L’attaque ressemble davantage à un règlement de comptes ». Des villageois suspectés d’apporter un soutien logistique aux VDP auraient été pris pour cible, transformant le hameau frontalier en théâtre de représailles sanglantes.
Les VDP, entre défense locale et accusations d’exactions
Créées à Ouagadougou pour renforcer la lutte contre les insurgés islamistes, les VDP se retrouvent elles-mêmes au centre de vives controverses. Plusieurs ONG et acteurs locaux leur reprochent des abus contre des populations civiles, notamment les communautés peules, souvent perçues à tort ou à raison comme proches des groupes armés.
Ce climat de défiance et de stigmatisation alimente un cycle de violences transfrontalières qui déborde désormais jusque dans le nord de la Côte d’Ivoire.
Des assaillants venus du Burkina Faso voisin
Selon les témoignages recueillis sur place, les assaillants seraient arrivés depuis le Burkina Faso, auraient mené une attaque ciblée, puis se seraient repliés aussitôt. Une opération rapide, pensée pour frapper quelques individus précis, bien loin d’une attaque coordonnée d’ampleur menée par une organisation terroriste structurée.
Un contexte sécuritaire sous tension
Cette attaque survient alors que les autorités ivoiriennes renforcent depuis plusieurs années la sécurité dans le nord du pays, confronté à la menace persistante des groupes jihadistes opérant au Sahel. La région de Téhini, déjà marquée par des incidents par le passé, illustre la fragilité des zones frontalières face aux conflits voisins.
Pour l’heure, aucune revendication officielle n’a été enregistrée. Mais les autorités ivoiriennes redoutent que ce type de violences ciblées ne fragilise encore davantage la cohésion sociale dans les villages frontaliers, déjà éprouvés par la peur et l’incertitude.
