En Côte d’Ivoire, l’application américaine Wave, autrefois saluée pour ses transferts d’argent à frais réduits, est aujourd’hui au cœur d’une polémique explosive. Derrière l’innovation technologique, des dizaines de milliers d’agents locaux crient à la ruine.
Des commissions en chute libre : passer de 750 FCFA à 287 FCFA pour une transaction de 100 000 FCFA, c’est la réalité actuelle des kiosques de mobile money, appelés “points de contact”. Pour espérer vivre du métier, il faut aujourd’hui générer plus de 300 millions FCFA par mois. Mission quasi impossible pour les petits commerçants de quartier.
Une stratégie connue : appâter, dominer, écraser. Comme Uber ou Glovo ailleurs, Wave aurait d’abord conquis le marché avec des tarifs imbattables… avant de réduire discrètement les gains des intermédiaires, sans mécanisme de protection sociale en retour.
Le syndicat monte au créneau. Le SYNAM-CI (Syndicat national des propriétaires de points de vente mobile money) tire la sonnette d’alarme : emplois détruits, jeunes précarisés, femmes poussées au chômage silencieux. Ils réclament un encadrement urgent : commissions minimales obligatoires, redistribution locale des revenus, registre des travailleurs numériques.
L’État accusé d’inaction. Depuis une grève nationale en 2022 et des échanges avec le gouvernement, aucune mesure concrète n’a été prise, malgré la montée des tensions. La situation est remontée jusqu’au Premier ministre… puis silence radio.
L’inclusion financière menacée ?
Wave, censée favoriser l’accès aux services bancaires, pourrait au contraire fragiliser tout l’écosystème. Agents sous-payés, réseaux locaux affaiblis, confiance en chute : la croissance promise est-elle en train de s’effondrer ?
Wave, de son côté, rejette les accusations du syndicat et promet de livrer sa version des faits.
