Le décès d’Alain Christophe Traoré, alias Alino Faso, activiste et influenceur burkinabè très suivi, en détention en Côte d’Ivoire, continue de faire grand bruit. Déclaré mort par suicide, il est au cœur d’une vive polémique. De nombreux Burkinabè, aussi bien en Côte d’Ivoire qu’au Burkina Faso, dénoncent un meurtre planifié, camouflé derrière une mise en scène orchestrée par les autorités ivoiriennes.
Arrestation et zones d’ombre
L’activiste avait été interpellé à Abidjan, selon les autorités, pour des raisons non encore clairement dévoilées. Son arrestation, confirmée en janvier 2025 par le gouvernement ivoirien lors d’un conseil des ministres, évoquait une détention liée à des “agissements nuisibles”, sans autre précision.
Suicide selon la version officielle ivoirienne
le procureur de la République d’Abidjan annonce qu’Alino Faso aurait été retrouvé pendu dans sa cellule. Le communiqué indique qu’il se serait d’abord entaillé les poignets avant de se suicider avec un drap. Cette version fait état d’un suicide par désespoir, mais elle est largement mise en doute par ses partisans et de nombreux observateurs.
Un lieu de détention controversé
Autre élément troublant : selon plusieurs témoignages, Alino Faso se serait trouvé à l’école de gendarmerie d’Abidjan, et non à la MACA (Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan), lieu classique de détention civile. Une présence jugée incohérente et suspecte, surtout pour un civil.
De nombreux militants dénoncent un interrogatoire musclé qui aurait mal tourné. Ce cadre militaire inhabituelle renforce la thèse d’un assassinat déguisé, mené dans le but d’extorquer des informations à un activiste jugé dérangeant.
Une tension croissante dans un climat diplomatique déjà fragile
Les relations entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso sont déjà tendues sur fond de crises sécuritaires, de lutte contre les groupes armés, et de gestion des réfugiés. Cette affaire vient jeter de l’huile sur le feu.
Le gouvernement burkinabè ne s’est pas encore officiellement prononce sur cette affaire.
Mais la tension monte fortement sur les réseaux sociaux, où les partisans d’Alino Faso dénoncent une exécution politique. Si aucune manifestation physique n’a pour l’instant été signalée, les appels à la mobilisation se multiplient dans les diasporas burkinabè d’Abidjan, Bouaké, Ouagadougou ou encore Bobo-Dioulasso.
Une affaire à surveiller de près
Alors que les appels à une enquête indépendante se font entendre, cette affaire pourrait à terme entraîner une crise diplomatique ouverte entre Abidjan et Ouagadougou.
Tant que les circonstances exactes de l’arrestation, de la détention, et de la mort d’Alino Faso ne seront pas clarifiées, la suspicion de bavure ou d’assassinat politique continuera de planer.

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