Une opération menée par les forces de l’ordre à Bongouanou a permis de mettre fin à des faits d’une extrême gravité impliquant plusieurs fillettes. Trois femmes ont été déférées devant la justice pour répondre d’accusations liées à des mutilations génitales féminines.
Selon un communiqué du Procureur de la République près le Tribunal de première instance de Bongouanou, tout est parti d’un signalement anonyme reçu dans la nuit du 1er juillet. L’auteur de l’alerte évoquait des allées et venues inhabituelles de femmes âgées accompagnées de jeunes filles dans une maison située au quartier Kangandi.

Dépêchés sur les lieux sur instruction du parquet, les policiers ont découvert cinq fillettes âgées de 5 à 8 ans qui venaient d’être victimes d’excision. Les enfants ont immédiatement été conduits dans un établissement de santé afin de bénéficier d’une prise en charge médicale.
Les forces de l’ordre ont également procédé à l’interpellation de trois femmes âgées de 31, 60 et 72 ans. Parmi elles figure la mère d’une des victimes, une fillette de cinq ans.
À l’issue de leur garde à vue et des investigations, les trois suspectes ont été déférées devant le parquet. Elles devront répondre devant le tribunal correctionnel des flagrants délits des faits de mutilation génitale, une infraction réprimée par les articles 394 à 397 du Code pénal ivoirien.
Dans son communiqué, le Procureur de la République a rappelé que l’excision demeure une pratique illégale en Côte d’Ivoire. Il a exhorté les populations à abandonner définitivement cette tradition, soulignant qu’elle porte gravement atteinte à l’intégrité physique des jeunes filles et expose ses auteurs à de lourdes sanctions pénales.
Cette affaire relance une nouvelle fois le débat sur la lutte contre les mutilations génitales féminines, malgré les campagnes de sensibilisation et le renforcement de l’arsenal juridique en Côte d’Ivoire.































