Le conseil d’administration de Nestlé a annoncé, lundi 1er septembre, le licenciement avec effet immédiat de son directeur général, Laurent Freixe. Le dirigeant français, en poste depuis à peine un an, est sanctionné pour avoir entretenu une relation amoureuse non déclarée avec une collaboratrice placée sous son autorité directe.
Une décision pour préserver l’image du groupe
« C’était une décision nécessaire. Les valeurs de Nestlé et une bonne gouvernance constituent les fondations solides de notre entreprise. Je remercie Laurent pour ses années de service », a déclaré Paul Bulcke, président du conseil d’administration.
Le groupe suisse, déjà fragilisé par un scandale récent autour de ses eaux en bouteilles en France, a précisé que cette sanction faisait suite à une enquête interne. Celle-ci a confirmé une violation du code de conduite professionnelle de l’entreprise.
Philipp Navratil, ex-patron de Nespresso, prend les rênes
Pour assurer la continuité, Nestlé a nommé Philipp Navratil au poste de directeur général. Ancien patron de Nespresso, il a rejoint la direction générale en janvier 2025. Avant cela, il avait piloté la stratégie mondiale du café, incluant les marques Nescafé et Starbucks.
Cette nomination intervient après une période de forte instabilité à la tête du géant de l’agroalimentaire. En septembre 2024, Laurent Freixe avait succédé à l’Allemand Mark Schneider, brutalement écarté. Recruté en dehors du groupe, le Français, 63 ans, était présenté comme une « bouffée d’air frais » pour Nestlé.
Un nouvel épisode d’instabilité
Pour les analystes, ce changement rapide pourrait avoir des conséquences sur l’avenir du groupe. « Cela pourrait conduire à une incertitude paralysante », estime Patrik Schwendimann, analyste à la Banque cantonale de Zurich. « Mais dans un scénario positif, cela pourrait aussi accélérer le redressement de Nestlé, Philipp Navratil apparaissant comme un bon compromis entre ses deux prédécesseurs. »
Vers une nouvelle gouvernance
Par ailleurs, Nestlé prépare d’autres changements à la tête de son conseil d’administration. En juin, le groupe avait annoncé que son vice-président, Pablo Isla, serait proposé comme futur président lors de l’Assemblée générale d’avril 2026, en remplacement de Paul Bulcke, en poste depuis près de neuf ans.
Avec ce nouveau séisme au sommet, Nestlé traverse une période délicate. Le défi pour Philipp Navratil sera non seulement de restaurer la confiance en interne, mais aussi de rassurer les marchés et les consommateurs, à un moment charnière pour l’avenir du géant de l’agroalimentaire.
