Dans un tournant majeur pour le secteur des télécommunications en Afrique de l’Ouest, le Nigéria a décidé de placer le consommateur au centre de ses priorités. Désormais, la mauvaise qualité du réseau ne sera plus seulement une source de frustration pour les abonnés, mais une obligation de dédommagement pour les opérateurs.
Une décision historique du régulateur
Le 29 mars dernier, la Nigerian Communications Commission (NCC) a publié un communiqué officiel instaurant une nouvelle règle : les opérateurs de téléphonie mobile devront offrir du crédit de communication à leurs abonnés en cas de service de qualité inférieure aux normes fixées Jusqu’à présent, les opérateurs défaillants étaient principalement sanctionnés par des amendes versées à l’État. Cette nouvelle approche vise à compenser directement les utilisateurs finaux .
Comment fonctionnera l’indemnisation ?
Le système de compensation se déclenchera dès lors que les indicateurs de performance (KPI) fixés par le régulateur ne seront pas respectés dans certaines zones géographiques .
Les points clés du mécanisme sont :
Le crédit offert sera calculé en fonction des habitudes de consommation de l’abonné. L’indemnisation dépendra de la présence de l’utilisateur dans les zones touchées par les pannes au cours de périodes spécifiées. Le régulateur souligne que la qualité du réseau est essentielle pour la productivité, l’économie et les interactions sociales.
Un ras-le-bol généralisé des abonnés
Cette mesure intervient dans un climat de fortes tensions. Depuis plusieurs mois, les Nigérians dénoncent des appels qui coupent, une connexion internet lente et une instabilité permanente des services, malgré des tarifs jugés élevés .
Des voix s’étaient élevées, comme celle de l’activiste Yusman Austin, qui critiquait la passivité du régulateur face à des millions d’utilisateurs payant pour des services qu’ils ne pouvaient pas utiliser correctement .
Une contre-attaque des opérateurs ?
La réaction des géants des télécoms ne s’est pas fait attendre. Face à cette pression réglementaire et à la hausse des coûts opérationnels, certains opérateurs ont déjà évoqué la possibilité de suspendre leurs services dans plusieurs États du pays, citant des difficultés liées aux infrastructures. Le bras de fer est donc engagé entre le régulateur, soucieux de protéger les citoyens, et les entreprises du secteur qui font face à des défis logistiques et économiques
