Pendant que la scène médiatique s’anime au rythme du buzz quotidien, certains facteurs bâtissent dans l’ombre les piliers de l’économie nationale. Nomeledje Diby fait partie de ces figures incontournables mais encore peu connues du grand public : un capitaine d’industrie à la tête d’un groupe réalisant plusieurs dizaines de milliards de francs CFA de chiffre d’affaires, devenu également l’un des mécènes majeurs de la musique urbaine ivoirienne.
Des plantations de Lopou au sommet de l’hévéaculture
Fils du ministre et chef traditionnel René Dibi, figure respectée de la région des Grands Ponts, Nomeledje Diby s’est familiarisé très tôt avec le secteur agricole dans le département de Dabou. Loin de se contenter d’un rôle passif, il s’est immergé au cœur de la filière de l’hévéa, apprenant le métier à la base en tant que pisteur puis acheteur de « fonds de tasse » (le latex coagulé).
Conscient du potentiel stratégique de la Côte d’Ivoire premier producteur africain et 3ᵉ mondial de caoutchouc naturel, il prend un tournant décisif en 2019 : passer du simple négoce à la transformation industrielle locale.
Le défi de la transformation industrielle
Historiquement dominé par des multinationales étrangères (SOGB, SAPH, TRCI), le secteur de la première transformation de l’hévéa en caoutchouc granulé exige de lourds investissements technologiques.
Avec sa société Golden Rubber, dotée d’unités industrielles implantées notamment à Grand-Lahou et Tiassalé, Nomeledje Diby est parvenu à s’imposer face aux géants du secteur : Plus de 1 500 emplois directs et 3 000 emplois indirects créés.Un chiffre d’affaires annuel estimé à 73 milliards de F CFA (soit environ 6 milliards de F CFA par mois). Vente directe de caoutchouc semi-fini aux géants mondiaux du pneumatique comme Michelin ou Bridgestone.
Ses réalisations lui ont valu plusieurs distinctions continentales et nationales, notamment le prix du Meilleur Manager Industriel de l’Année aux Awards des Entreprises et le Prix PADEL du meilleur acteur du développement économique.
Le mécène de la scène musicale : L’aventure Dibi Production
Si le monde des affaires le connaissait dans les salons industriels, le grand public a découvert son nom à travers les dédicaces d’artistes de renom et, plus récemment, la création de son label Dibi Production en 2024.
Passionné de musique et particulièrement de la culture rap/zooblai, il adopte une démarche de mécène : investir massivement dans la création, le suivi stratégique et le développement de jeunes talents (tels que TRK, Amikaz ou Syndicat) sans impératif de rentabilité immédiate.
« Un clip peut coûter deux millions de francs CFA. Il ne recherche pas un retour financier direct sur notre musique, il nous apporte des conseils de vie et un encadrement comme un père », confiait récemment un artiste du label.
L’histoire de Nomeledje Diby soulève une question centrale sur le paysage médiatique contemporain : comment un tel parcours industriel reste-t-il méconnu du grand public ?
Contrairement aux entreprises de grande consommation, une industrie de première transformation vend ses matières premières directement à d’autres industriels mondiaux via des salons professionnels et des forums économiques. Elle n’a aucun besoin de campagnes publicitaires télévisées ou de partenariats d’influenceurs.
Les grands médias généralistes accordent souvent la priorité au divertissement et aux sujets polémiques, délaissant la vulgarisation des enjeux industriels et financiers qui façonnent l’avenir économique du continent.
À l’image des initiatives d’ONG et de cérémonies de distinction (comme la fondation Nord-Afrique), mettre en lumière ces parcours d’entrepreneurs locaux constitue pourtant un levier essentiel d’inspiration et d’éducation pour la jeunesse.
Cet article s’inspire du décryptage vidéo publié par N.L Officiel : QUI EST NOMELEDJE DIBY ET POURQUOI PERSONNE N’EN PARLE ?































