Derrière l’union affichée à Ficgayo, une autre lecture émerge : celle d’un spectacle politique de frustration et de revanche, plus que d’un projet structuré pour le pays. La Coalition pour l’Alternance Pacifique en Côte d’Ivoire (CAP-CI) s’est réunie pour dénoncer un pouvoir dominateur… mais les discours ont surtout révélé des ambitions présidentielles contrariées.
Charles Blé Goudé, qui a longtemps incarné une figure controversée, n’a pas mâché ses mots contre le RHDP. Mais dans son envolée verbale, certains entendent aussi un appel déguisé à sa propre réhabilitation politique, lui qui rêve encore d’un retour en force. Simone Gbagbo, Tidjane Thiam, Affi N’Guessan… chacun a son passif avec le pouvoir, et chacun voit dans ce bloc de circonstance une opportunité de peser ou de revenir dans le jeu.
Certains observateurs s’interrogent : le vrai combat de cette opposition est-il la démocratie ou la revanche ? Le meeting de Yopougon a davantage exposé les frustrations d’exclu·es du système que la présentation d’un programme alternatif concret pour le pays. Les attaques contre la CEI, la justice et l’armée sonnent justes, mais quelles solutions réelles proposent ces leaders à part l’éternel retour des mêmes figures ?
À quelques mois de l’échéance présidentielle, la scène politique ivoirienne donne à voir un jeu de rôles : d’un côté, un pouvoir confortablement installé ; de l’autre, des opposants qui peinent à convaincre qu’ils œuvrent pour autre chose qu’eux-mêmes.
La question est posée : et si le plus grand verrou, ce n’était pas le système, mais l’opposition elle-même ?

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