Société

Polygamie et Ramadan : « Si vous ne pouvez pas être juste, restez avec une seule femme », prévient l’Imam Konaté

l’Imam Aboubakakar Konaté, figure religieuse respectée de la grande mosquée de Treichville, a levé le voile sur les réalités souvent taboues de la polygamie en période de Ramadan. Entre injonctions divines et réalités sociales, ses propos résonnent comme un rappel à l’ordre pour de nombreux foyers.

La justice : plus qu’un concept, une obligation physique

L’Imam est catégorique : l’islam ne donne pas un « chèque en blanc » aux hommes. La polygamie est une permission assortie de conditions strictes. La justice doit être palpable, notamment dans la répartition des nuits.

Un homme doit rompre le jeûne et passer la nuit chez l’épouse dont c’est le tour . Toute tricherie ou préférence affichée est considérée comme une injustice religieuse grave. Si la « popote » peut varier selon le nombre d’enfants de chaque épouse, l’attention et le respect, eux, ne doivent souffrir d’aucune discrimination .

« L’hypocrisie est condamnée » : Le message aux épouses

L’entretien aborde également la souffrance des femmes. Si l’Imam rappelle qu’une femme musulmane ne devrait pas, en théorie, se rebeller contre la polygamie (qu’il définit comme une volonté divine ), il dénonce fermement l’hypocrisie au sein du foyer. Il met en garde contre les « coups bas » et le recours à des pratiques occultes entre coépouses, rappelant que Dieu voit tout, même les intentions cachées .

Aux femmes qui souffrent en silence, il conseille la patience, tout en précisant que le divorce peut être légitime si l’homme manque à ses devoirs de subsistance (logement, nourriture, soins) .

Un avertissement aux « tricheurs » du Ramadan

L’un des moments les plus forts de l’intervention concerne les hommes qui vivent dans la « fornication » (relations hors mariage) et qui pensent « valider » leur Ramadan en mettant leur compagne de côté pendant 30 jours.

« Si après le Ramadan tu retournes commettre l’adultère, ton jeûne risque de ne pas être validé par Allah », prévient-il .

Pour l’Imam, la polygamie est précisément une solution sociale pour éviter la tricherie. Celui qui a les capacités physiques et financières devrait régulariser sa situation plutôt que de vivre dans le péché .

La polygamie, un remède ou un fardeau ?

L’Imam Konaté conclut sur une note de responsabilité : la polygamie ne doit pas être une source de larmes. « Il est très grave de faire pleurer une femme chez soi », rappelle-t-il avec émotion. En cette période de double pénitence (carême chrétien et jeûne musulman en 2026), le message est universel : la paix d’un pays commence par la justice et l’harmonie au sein des familles.

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