Lancé en grande pompe pour devenir le futur poumon logistique du septentrion ivoirien, le projet du Port sec de Ferkessédougou tarde à sortir pleinement de terre. Cinq ans après la pose de la première pierre par les autorités gouvernementales, le niveau d’avancement réel du chantier suscite autant d’impatience que d’interrogations économiques.
Un taux d’exécution franchissant à peine la barre des 30 %
Évalué à plus de 254 milliards de FCFA, l’infrastructure pensée pour désengorger le Port Autonome d’Abidjan et capter les flux de marchandises vers les pays de l’hinterland (Mali, Burkina Faso, Niger) affiche aujourd’hui un taux de réalisation globale dépassant légèrement les 30 %.
Les récentes visites d’inspection des autorités administratives et portuaires sur le site de 732 hectares confirment que les travaux de terrassement, de stabilisation des sols et de viabilisation de la zone sous-douane progressent. Toutefois, la livraison complète de l’ouvrage, initialement attendue plus tôt, est désormais projetée pour la fin de l’année 2028.
Les verrous d’un retard stratégique
Plusieurs facteurs expliquent ce calendrier à rallonge : La modernisation de la ligne de chemin de fer Abidjan-Ouagadougou, élément central pour assurer la rentabilité du port sec, accuse des lenteurs d’exécution.
Le bouclage des partenariats techniques et les ajustements opérationnels sur le domaine portuaire ont ralenti la cadence initiale du chantier. La réorganisation des flux commerciaux et les tensions sécuritaires dans le Sahel ont contraint les acteurs logistiques à adapter leurs projections d’exploitation.
Des enjeux colossaux pour le Nord ivoirien
Malgré les délais rallongés, les retombées attendues demeurent massives pour la région des Savanes :
La création de plusieurs milliers d’emplois directs et indirects à terme. L’implantation prévue d’unités de transformation agroalimentaire, de dépôts d’hydrocarbures (capacité de 61 000 m³) et de zones logistiques sous-douane.
La réduction des coûts de transport de marchandises pour les corridors reliant la Côte d’Ivoire à ses voisins enclavés. Si le projet garde toute sa pertinence stratégique, l’accélération des travaux d’ici 2028 sera décisive pour éviter que cette infrastructure clé ne transforme son immense potentiel en mirage logistique.































