L’unité au sommet du Parti des Peuples Africains Côte d’Ivoire (PPA-CI) est officiellement brisée. Les révélations fracassantes de Charles Blé Goudé, l’ancien chef de guerre et compagnon de La Haye, conjuguées à l’analyse au vitriol du Pasteur Makosso, lèvent le voile sur une crise existentielle. Au centre de la tempête se trouve Nady Bamba, accusée de mener une politique d’isolement impitoyable autour de Laurent Gbagbo. Cette mise à l’écart des figures historiques et la mainmise d’un cercle restreint sur le parti suscitent une question brûlante : le PPA-CI, affaibli et démobilisé, est-il en train d’être détruit de l’intérieur, laissant le « Vieux Lion » seul face à un avenir incertain ?
Le Procès de Charles Blé Goudé
Charles Blé Goudé a livré un témoignage sans filtre, accusant Nady Bamba d’avoir brisé leur relation personnelle et d’avoir érigé un mur entre lui et Laurent Gbagbo.
Blé Goudé affirme qu’il est la cible d’une menace directe : « tant qu’elle sera en vie, tu ne pourras jamais avoir accès au Président Gbagbo. » Il dénonce un usage de la force pour l’écarter, réduisant ses échanges avec l’homme qu’il a toujours considéré comme son « père » à la seule « télé ou dans la presse. »
En rappelant que l’ancien siège du FPI est la propriété de Nady Bamba et qu’il a lui-même servi de médiateur, Blé Goudé souligne son désintéressement passé pour mieux contraster l’ingratitude et la soif de pouvoir qu’il dénonce aujourd’hui.
L’ancien chef de la jeunesse patriotique dénonce enfin le contrôle du parti par un « noyau d’infiltrés » et de personnes proches de Nady Bamba, qu’il oppose aux anciens cadres emprisonnés ou marginalisés.
Le Lion « Affaibli »
Le Pasteur Makosso, connu pour ses prises de position incisives, apporte une analyse extérieure qui corrobore les effets désastreux de cet isolement sur la stature de Laurent Gbagbo.
Makosso affirme que la « gâchée » arrivée de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire est le résultat de « l’entêtement d’une femme » voulant être au premier plan. Cette erreur aurait « brisé l’élan, l’émotion et la ferveur » du retour, une blessure que le mouvement n’a jamais guérie.
« Séparer le président Laurent Gbagbo de son chef de guerre, Blé Goudé, a affaibli à jamais le vieux lion, qui ne parvient plus à mobiliser. » Selon lui, le nom glorieux du Président ne suffit pas sans un « véritable général à ses côtés ».
Makosso dénonce une Cour composée uniquement de « lèche-bottes » qui ont désormais le monopole de l’accès à Gbagbo, pour un résultat politique net : « Zéro ».
Qui Dirige Vraiment le PPA-CI ?
Cette convergence de témoignages n’est pas une simple querelle de palais ; elle dépeint l’image d’un parti politique en autodestruction.
En isolant Laurent Gbagbo de ses généraux les plus mobilisateurs (comme Blé Goudé) pour le confiner à un cercle de « lèche-bottes », l’entourage accusé désigné par le nom de Nady Bamba aurait sacrifié l’efficacité politique et la ferveur populaire au profit d’un contrôle exclusif du pouvoir interne. L’ultime danger est là : celui de voir le nom historique de Gbagbo utilisé comme un simple étendard sans troupes, au moment où le pays s’apprête à tourner la page des Législatives.
Le PPA-CI est aujourd’hui au carrefour : soit il parvient à briser ce blocus interne pour retrouver ses forces vives, soit il risque de voir son héritage et son potentiel de mobilisation s’éteindre sous le poids d’une lutte d’influence personnelle que la base militante ne pourra plus longtemps tolérer.
