Alors que le mandat du président Akinwumi Adesina touche à sa fin, la course pour lui succéder à la tête de la Banque africaine de développement (BAD) s’intensifie. Cinq candidats, issus de divers horizons, ont été officiellement retenus pour briguer la présidence de cette institution financière clé pour le développement du continent. Sidi Ould Tah, Amadou Hott, Bajabulile Swazi Tshabalala, Samuel Maimbo et Mahamat Abbas Tolli ont présenté leurs visions à Jeune Afrique. Décryptage des profils et des priorités de chacun.
1. Sidi Ould Tah : le régionaliste pragmatique
Ancien ministre mauritanien et actuel directeur de la BADEA (Banque arabe pour le développement économique en Afrique), Sidi Ould Tah met en avant une approche pragmatique et ancrée dans les réalités locales. Il insiste sur la nécessité de renforcer la coopération Sud-Sud, de soutenir les PME africaines et de favoriser l’inclusion financière dans les zones les plus reculées.
« La BAD doit parler le langage des territoires », affirme-t-il, plaidant pour une décentralisation plus forte des opérations de l’institution.
2. Amadou Hott : l’ambition panafricaine
Ancien ministre sénégalais de l’Économie, Amadou Hott bénéficie d’un solide réseau international et d’une expérience de haut niveau au sein de la BAD. Son discours est marqué par une ambition continentale forte, avec un accent sur l’industrialisation, la transition énergétique et la mobilisation du secteur privé.
« Il est temps que la BAD joue un rôle catalyseur encore plus fort », martèle-t-il, en appelant à une mobilisation de capitaux plus audacieuse.
3. Bajabulile Swazi Tshabalala : la continuité réformatrice
Actuelle vice-présidente par intérim de la BAD, la Sud-Africaine Bajabulile Tshabalala se présente comme la candidate de la stabilité et de la réforme maîtrisée. Elle défend une gestion rigoureuse des ressources, une transparence accrue et la consolidation des acquis du mandat Adesina.
« La BAD doit rester un acteur fiable, crédible et à l’écoute des États membres », affirme-t-elle.
4. Samuel Maimbo : l’expert technique
Zambien et ancien haut cadre de la Banque mondiale, Samuel Maimbo incarne le profil technocratique. Il met l’accent sur la modernisation des outils financiers de la BAD, la digitalisation des services et l’impact mesurable des projets financés.
« L’avenir du financement du développement passe par l’innovation financière et la data », soutient-il, soulignant l’importance d’une BAD agile et tournée vers l’avenir.
5. Mahamat Abbas Tolli : la voix de l’Afrique centrale
Gouverneur sortant de la BEAC, Mahamat Tolli représente une Afrique centrale encore peu visible dans les hautes sphères de la BAD. Son programme insiste sur la réduction des inégalités régionales, le soutien aux pays fragiles et une meilleure intégration des économies de la zone CEMAC.
« La BAD doit être l’outil de tous les Africains, sans distinction de zone ou de niveau de développement », rappelle-t-il.
Une élection stratégique pour l’avenir du continent
Prévue courant 2025, l’élection du président de la BAD s’annonce stratégique à un moment où l’Afrique fait face à de nombreux défis : dette publique croissante, changement climatique, instabilité politique et pression démographique. Les États membres devront choisir entre continuité institutionnelle, réformes audacieuses, ou redistribution géographique du pouvoir.
Le choix du prochain président de la BAD ne sera pas seulement un choix de personne, mais un choix d’orientation pour le développement du continent. Les cinq candidats Sidi Ould Tah, Amadou Hott, Swazi Tshabalala, Samuel Maimbo et Mahamat Tolli offrent des visions complémentaires, parfois concurrentes, mais toutes axées sur la transformation de l’Afrique.

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