À cinq mois d’un scrutin présidentiel déjà sous haute tension, la Côte d’Ivoire s’enfonce dans une zone de turbulences politiques. Entre la colère de Laurent Gbagbo, exclu de la liste électorale, et une polémique autour de l’ambassadeur de France, le climat devient explosif.
Un week-end sous haute tension
Samedi 7 juin à Port-Bouët, lors d’un meeting populaire du PPA-CI au stade de Petit-Bassam, Laurent Gbagbo a laissé éclater sa fureur. Écarté de la liste électorale définitive publiée par la CEI trois jours plus tôt, l’ancien président ne mâche plus ses mots :
« Ils me cherchent la bagarre, nous allons faire la bagarre », a-t-il lancé sous les acclamations.
Le message est clair, frontal. Gbagbo dénonce un processus électoral verrouillé et appelle l’opposition à riposter. Pour lui, l’heure n’est plus à la conciliation : « Comme ils veulent qu’on se batte, on va se battre », a-t-il martelé.
Un avertissement lancé au pouvoir en place
La presse proche de l’opposition donne de la voix. Notre Voie, La Nouvelle Alliance ou encore Le Quotidien d’Abidjan saluent un leader qui, selon eux, ne fait que défendre ses droits face à une justice politique. Le Nouveau Réveil cite Gbagbo, amer :
« Attention, vous allez trop loin. Des gens que j’ai ramenés à la vie veulent me jeter au royaume de la mort ».
Mais du côté du camp présidentiel, les propos de l’ancien chef de l’État sont jugés irresponsables. Dans Le Patriote, l’éditorial tranche :
« Non, Gbagbo ! Vous vous battrez seul contre la paix ».
L’Expression, quant à lui, estime que le fondateur du PPA-CI s’est piégé en s’engageant dans une escalade verbale risquée.
L’ambassadeur de France dans la tourmente
Alors que la scène politique s’échauffe, un geste diplomatique a mis de l’huile sur le feu. Le 6 juin, l’ambassadeur de France, Jean-Christophe Belliard, a été photographié arborant un pagne à l’effigie de Dominique Ouattara, Première Dame de Côte d’Ivoire.
Une image qui a fait bondir le PPA-CI. Sa porte-parole, Me Habiba Touré, dénonce une « ingérence inacceptable » :
« Un pagne n’est jamais neutre », rappelle-t-elle, estimant que ce symbole, à quelques mois de la présidentielle, envoie un « signal d’alignement clair ».
L’affaire ranime des ressentiments anciens, notamment sur le rôle de la France lors de la crise postélectorale de 2010-2011. Pour le PPA-CI, ce geste diplomatique est un retour aux vieux démons de l’ingérence étrangère dans la politique ivoirienne.
Vers une campagne sous haute tension
Dans ce climat électrique, les prochaines semaines s’annoncent décisives. Le pays entre dans une phase sensible où chaque déclaration, chaque geste, peut enflammer les passions.
Une chose est sûre : la présidentielle de 2025 ne sera pas un long fleuve tranquille.

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