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Politique

Présidentielle 2025 : Ouloto démonte Gbagbo et Thiam, et réclame une « démocratie propre »

La scène s’est déroulée lors de la clôture de l’Assemblée générale de l’International Démocrate Centriste (IDC), à Abidjan. Anne Désirée Ouloto, ministre d’État ivoirienne, a livré un discours explosif. Dans un style sans filtre, elle a profité de la tribune pour tacler violemment Laurent Gbagbo et Tidjane Thiam, deux poids lourds de l’opposition, aujourd’hui écartés de la présidentielle d’octobre 2025.

« La démocratie, ce n’est pas la loi du malin ! »

Dès les premières minutes, Anne Ouloto a ravivé les plaies de la crise post-électorale de 2010. Elle accuse Laurent Gbagbo qu’elle qualifie d’« autoproclamé père de la démocratie » d’avoir lui-même violé les principes démocratiques qu’il brandit aujourd’hui. « Ce n’est pas la loi du plus fort, mais la loi du malin », a-t-elle lancé, avant d’asséner : « La malice n’est pas un signe de force, c’est une faiblesse. »

Elle dénonce une époque où des jeunes étaient manipulés, des groupes d’auto-défense mobilisés, et des femmes jetées dans la rue pour défendre une cause perdue. Pour la ministre, cette période sombre illustre le paradoxe de la démocratie africaine : ceux qui en parlent le plus sont parfois ceux qui l’ont le plus trahie.

« On ne dirige pas un pays comme on dirige une banque »

Sans jamais le nommer, c’est ensuite Tidjane Thiam, l’ancien patron du Crédit Suisse, qui a été dans le viseur de la ministre. Selon elle, certains veulent se faire élire uniquement grâce à leur aura médiatique ou à l’appui de chancelleries étrangères. « Je me fais élire président, mais je suis incapable d’apporter quoi que ce soit au peuple », a-t-elle dénoncé.

Elle rejette l’idée qu’un CV international suffise à convaincre. « Ce n’est pas parce qu’on a réussi à Londres ou à Paris qu’on est prêt pour Yamoussoukro. » La politique, dit-elle, c’est d’abord la capacité à produire des résultats concrets pour le peuple.

Un rappel qui pique : Ouattara, « l’exemple à suivre »

Dans une comparaison clairement destinée à faire réfléchir, Ouloto a salué l’attitude d’Alassane Ouattara en 2000, qui avait renoncé à se présenter à la présidentielle parce que la loi ne le lui permettait pas encore. « Il a refusé d’être candidat coûte que coûte », a-t-elle souligné, érigeant ce choix en modèle de maturité politique.

Un appel à l’assainissement du jeu politique

La ministre a terminé son discours en appelant à l’émergence d’une nouvelle génération de leaders. « L’Afrique a besoin d’une démocratie propre, saine, connectée aux réalités de ses peuples », a-t-elle martelé. Elle a dénoncé le climat de suspicion et de rivalités stériles qui gangrène, selon elle, la scène politique actuelle : « Un panier à crabes où chacun tire l’autre vers le fond. »

Et en guise de conclusion : « Ce n’est pas l’agitation qui fait un homme d’État. Ce sont les actes, la loyauté envers le peuple, et le respect de la loi. »

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