À l’approche de la présidentielle française de 2027, une question peut intéresser directement les autorités ivoiriennes : quel type de relation Paris pourrait-il entretenir avec Abidjan selon le candidat qui accéderait à l’Élysée ? Deux figures très différentes se détachent notamment dans le débat : Jean-Luc Mélenchon et Marine Le Pen.
Il ne s’agit pas ici de déterminer lequel serait « meilleur » pour la Côte d’Ivoire, mais d’observer leurs positions connues et les relations qu’ils entretiennent avec les questions africaines.
Mélenchon, un précédent récent avec Abidjan
Sur ce terrain, Jean-Luc Mélenchon a déjà créé une véritable crispation avec les autorités ivoiriennes.

Lors d’un meeting à Paris, le leader de La France insoumise s’est exprimé sur la situation politique ivoirienne et a notamment contesté la réélection d’Alassane Ouattara en 2025, qualifiant son quatrième mandat d’« anticonstitutionnel ».
La réaction d’Abidjan ne s’est pas fait attendre. Dans une déclaration publiée le 16 juillet 2026, l’ambassade de Côte d’Ivoire en France a vivement protesté contre les propos de Mélenchon, estimant qu’il n’avait « aucune légitimité, qualité ni compétence » pour juger les institutions ivoiriennes.

Quelques jours plus tard, le porte-parole du gouvernement ivoirien, Amadou Coulibaly, a également relativisé la portée de ses déclarations, rappelant que Mélenchon « n’est pas un officiel français ».
Cette séquence constitue donc un élément concret du rapport actuel entre Mélenchon et le pouvoir ivoirien.
Marine Le Pen, une autre approche de l’Afrique
Marine Le Pen porte, de son côté, une vision différente des relations entre la France et l’Afrique.

Elle a par le passé critiqué l’ingérence française dans les affaires africaines. Dans une interview consacrée notamment à la Côte d’Ivoire, elle dénonçait déjà l’interventionnisme de Nicolas Sarkozy et estimait que Paris ne devait pas chercher à « faire ou défaire » les gouvernements africains.
Mais la politique africaine du Rassemblement national s’inscrit également dans une approche centrée sur les intérêts français, l’immigration, la sécurité et les relations bilatérales. À l’approche de 2027, le RN cherche par ailleurs à faire évoluer son positionnement international sur plusieurs dossiers.
Abidjan face à deux visions différentes
Pour le pouvoir ivoirien, la question n’est donc pas seulement de savoir qui sera élu à Paris, mais quelle sera la conception de la relation franco-africaine portée par le prochain président.

Avec Mélenchon, le dossier ivoirien pourrait être marqué par une attention particulièrement forte portée aux questions démocratiques et aux rapports de pouvoir entre la France et ses anciennes colonies, comme l’a montré l’épisode de juillet 2026.
Avec Marine Le Pen, l’accent serait davantage susceptible de porter sur la souveraineté, les intérêts français, l’immigration et les relations bilatérales, dans le cadre de la ligne internationale actuelle du RN.
Et pour Abidjan ?
La Côte d’Ivoire entretient avec la France une relation qui dépasse largement les rapports entre deux chefs d’État : coopération économique, investissements, défense, culture, diaspora et échanges commerciaux.
Le véritable enjeu pour Abidjan serait donc de préserver ses intérêts quel que soit le futur locataire de l’Élysée.
Car entre Mélenchon et Le Pen, ce ne sont pas seulement deux personnalités qui s’affrontent : ce sont aussi deux conceptions très différentes de la France, de son rôle international et de ses rapports avec l’Afrique.
Une question reste alors ouverte : le prochain président français cherchera-t-il à renforcer le partenariat avec Abidjan, à le redéfinir ou à prendre davantage de distance avec le pouvoir ivoirien ?






























