Le procès du braquage spectaculaire de la Rawbank, survenu le 16 octobre dernier à Kinshasa, a connu un rebondissement stupéfiant ce mardi 11 novembre au Tribunal militaire de garnison de Kinshasa/Gombe.
Pour la première fois, le tribunal a diffusé les images des caméras de surveillance, qui montrent des militaires et policiers censés sécuriser la scène en train de dérober de l’argent.
Des images qui choquent l’audience
La diffusion, réclamée par le ministère public, a provoqué la stupeur générale dans la salle d’audience. Sur les écrans, on voit clairement des agents en uniforme fouillant les coffres, ramassant des liasses de billets et les dissimulant sur eux, ignorant les protocoles de sécurité.
« Ils étaient venus nous protéger, mais ont profité du désordre », a confirmé Tshibwabwa Andy, chef d’agence Rawbank Victoire, appelé à la barre comme témoin.
Cette révélation pourrait élargir le champ de l’enquête à de nouvelles accusations contre ces éléments des forces de l’ordre.
Le braquage du 16 octobre : une opération sanglante et confuse
Tout a commencé ce jour-là, vers 9h30 du matin, lorsque des individus armés ont tenté de vider les coffres de l’agence Rawbank à la place Victoire (commune de Kalamu).
Le braquage, qui a duré près de trois heures à l’intérieur de la banque avant l’intervention des forces de l’ordre, s’est soldé par le vol de 10 500 dollars US et plusieurs blessés.
Les opérations policières se sont poursuivies jusqu’à 18h, dans une confusion totale.
Un procès sous haute tension
Parmi les accusés figurent Honorine Porsche, une Allemande d’origine congolaise, ainsi que deux gardiens de banque et deux commissaires de police, jugés pour vol à main armée, terrorisme et association de malfaiteurs.
Deux autres suspects restent toujours en fuite.
L’instruction avait débuté le 28 octobre, avec une descente sur les lieux le 4 novembre. Le 6 novembre, un verdict partiel avait déjà condamné un adjudant à 10 ans de prison pour tortures infligées à Honorine Porsche lors des interrogatoires.
Kinshasa face à une crise de confiance sécuritaire
Dans une capitale de 17 millions d’habitants, où les braquages bancaires ont augmenté de 30 % en 2025 selon la Banque centrale, cette affaire jette une lumière crue sur la corruption au sein des forces de sécurité.
Le major Freddy Ewume, président de la cour, a ordonné la mise sous scellé immédiate des vidéos pour expertise.
L’audience, marquée par les huées du public et la colère de la partie civile, a été renvoyée au 14 novembre pour la suite des débats.

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