Sous couvert de délivrances en direct et de messages prophétiques, une nouvelle race de « serviteurs de Dieu » envahit TikTok. Leur véritable onction ?
La monétisation. Leur mission ? Drainer les poches et les esprits de fidèles vulnérables. Enquête sur ces gourous 2.0 qui transforment la foi en fonds de commerce.
Le « Direct » : Un autel de monétisation
Si les églises classiques ont leurs troncs, les pasteurs TikTok, eux, ont les « cadeaux » virtuels. Derrière chaque « Amen » tapé frénétiquement en commentaire se cache une stratégie bien rodée : le passage à la monétisation. Pour ces prédicateurs d’un nouveau genre, plus le témoignage est spectaculaire (parfois mis en scène), plus les spectateurs envoient des « lions« , des « univers » ou des « roses » qui se transforment, en fin de compte, en espèces sonnantes et trébuchantes.
La destruction des « faibles » pour le gain
Le danger de ces « vampires spirituels » réside dans l’emprise psychologique qu’ils exercent sur les personnes en détresse :
Comme l’a récemment témoigné Claire Bahi, ces guides poussent souvent leurs victimes à abandonner foyers, commerces ou soins médicaux, prétendant que « Dieu ne veut pas de ça ».En désignant des « sorciers » dans l’entourage proche (souvent la mère, le mari ou l’associé), ils isolent le fidèle pour mieux le contrôler. L’argent qui devrait servir à l’investissement ou à la famille finit dans les poches de celui qui promet un miracle qui ne vient jamais.
L’absence d’onction derrière les filtres
Le constat est amer : beaucoup de ces évangélistes 2.0 n’ont aucune formation théologique, aucune base spirituelle réelle et ne sont rattachés à aucune communauté physique qui pourrait les sanctionner. Ils ne sont « oints » que par la lumière de leur anneau LED (Ring Light). Leur spiritualité est un script, leurs larmes sont des filtres, et leur seul Dieu est l’algorithme qui les portera en « Pour Toi« .
Comment les reconnaître ?
Ils passent plus de temps à demander de « tapoter » l’écran qu’à lire un verset. Leurs messages sont basés sur la menace ou la détection constante d’ennemis invisibles. Ils exposent tout, scrutent tout, et n’ont aucune retenue, là où la vraie spiritualité prône souvent le secret et la méditation.
La foi ne se « tapote » pas
Il est temps que les internautes fassent la part des choses entre la quête sincère de Dieu et le divertissement spirituel dangereux. Le Christ chassait les marchands du temple ; aujourd’hui, ces marchands ont créé leurs propres temples numériques. La vigilance est la seule arme contre ces vampires qui ne cherchent pas à sauver des âmes, mais à remplir leur portefeuille virtuel.
