Société

Propos haineux sur les réseaux sociaux : la justice ivoirienne hausse le ton

Dans un contexte électoral de plus en plus tendu, le Parquet d’Abidjan tire la sonnette d’alarme. Dans un communiqué officiel publié ce lundi, le Procureur de la République près le Tribunal de Première Instance d’Abidjan a exprimé sa vive préoccupation face à la recrudescence des dérives verbales sur les réseaux sociaux.

Malgré les mises en garde répétées, des propos haineux, diffamatoires, à caractère xénophobe ou menaçant continuent de circuler librement sur les plateformes numériques. Une situation jugée suffisamment grave pour justifier une réponse judiciaire ferme.

Deux cas emblématiques

Le communiqué revient notamment sur deux affaires récentes qui illustrent la fermeté de la justice.

Le premier dossier concerne Tokpa Flan Japhet, infirmier diplômé d’État, âgé de 43 ans. Le 5 juillet, il a publié un commentaire outrageant visant une institution de la République. Jugé le 18 juillet 2025, il a été condamné à 36 mois de prison ferme et à 5 millions de francs CFA d’amende. Sa demande de pardon n’a pas suffi à atténuer la sanction, le tribunal estimant que la gravité des faits ne pouvait être ignorée.

Le second cas implique Diakité Moussa, interpellé après avoir diffusé une vidéo dans laquelle il brandissait une machette et proférait des menaces de mort à l’encontre de partisans d’un groupement politique. Il doit être présenté au Parquet ce mardi 22 juillet.

« L’impunité ne sera plus tolérée »

Le Procureur a rappelé avec insistance que le repentir tardif ou les excuses publiques ne sauraient exonérer les auteurs de ce type de comportements des sanctions prévues par la loi.
Il a assuré que les poursuites seraient systématiques, y compris contre les personnes situées à l’étranger, grâce aux mécanismes de coopération judiciaire.

« Toutes les personnes qui se rendront coupables de ces faits répondront de leurs actes devant la justice », a-t-il martelé, appelant à un usage responsable et citoyen des réseaux sociaux.

Un avertissement à l’orée d’un scrutin sensible

Cette sortie musclée du Parquet intervient dans un contexte politique sensible, à quelques mois de l’élection présidentielle de 2025. La tension monte sur les réseaux, devenus un terrain d’expression privilégié, mais aussi un espace de polarisation et de violences verbales.

Le message des autorités judiciaires est désormais clair : la liberté d’expression ne signifie pas liberté d’offense ou d’incitation à la haine. Et ceux qui franchiront la ligne rouge devront en assumer les conséquences devant la loi.

Leave a Reply

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous aimerez aussi

Société

La scène a provoqué une énorme agitation dans la commune de Marcory ce lundi 18 mai 2026. Trois gendarmes ont été interpellés après avoir...

Société

Le feuilleton judiciaire qui secoue le Djoloff vient de prendre une tournure politique majeure. Matar Ndiaga Seck, alias « Ndiaga Seck », un comptable...

People

Un récit glaçant qui lève le voile sur l’envers du décor du succès religieux. Avant de devenir la coqueluche du gospel ouest-africain au milieu...

Société

Sous des airs de pâtisseries ordinaires, les « space cakes » des gâteaux incrustés de cannabis ou de drogues de synthèse s’arrachent à coups...

Copyright © 2025 Zappingmedias

Quitter la version mobile