Le Burkina Faso a franchi un pas décisif dans la lutte contre les réseaux criminels transnationaux en interdisant définitivement QNET sur son territoire. Le 2 octobre 2025, le Conseil des ministres a adopté un décret dissolvant l’« Association professionnelle des représentants indépendants de QNET (APROFRIQ) », après de multiples scandales liés à des activités d’escroquerie et de traite d’êtres humains.
Entre janvier 2019 et décembre 2024, ce réseau a généré pas moins de 1 339 plaintes et 2 349 victimes, pour un préjudice financier estimé à 1,38 milliard de francs CFA. Des chiffres qui traduisent l’ampleur du phénomène et rappellent que les systèmes pyramidaux demeurent une menace réelle pour les économies ouest-africaines.
Un mode opératoire dangereux qui touche aussi la Côte d’Ivoire
Les enquêtes ont révélé que QNET utilisait la promesse de gains rapides et la mise en scène d’une réussite illusoire, souvent via les réseaux sociaux, pour attirer ses victimes. Les recrues, séduites par des images de luxe prétendument prises en Europe mais en réalité tournées au Ghana, étaient invitées à verser jusqu’à deux millions de francs CFA pour de faux frais de démarches administratives.
Cette méthode n’a pas seulement sévi au Burkina Faso. En Côte d’Ivoire, QNET et des structures similaires ont également opéré, semant inquiétude et désillusion parmi de nombreux jeunes, parfois issus de classes moyennes en quête d’ascension sociale. Les autorités ivoiriennes, conscientes du danger, ont déjà tiré la sonnette d’alarme, qualifiant ces activités d’escroqueries susceptibles de favoriser le blanchiment d’argent et de fragiliser la stabilité financière du pays.
La Côte d’Ivoire, un exemple de vigilance renforcée
Face à ces dérives, la Côte d’Ivoire se positionne comme un acteur clé dans la lutte contre les arnaques pyramidales en Afrique de l’Ouest. Ces dernières années, plusieurs campagnes de sensibilisation ont été menées pour alerter les populations sur les risques liés à ce type de réseau. Les autorités multiplient également les actions de coopération régionale, notamment avec le Ghana et le Burkina Faso, afin de freiner l’expansion de QNET et d’autres organisations similaires.
La récente décision burkinabè constitue donc un précédent encourageant pour la sous-région. Elle conforte les efforts de la Côte d’Ivoire, qui œuvre pour protéger ses citoyens tout en renforçant la transparence et la régulation de son marché.
Vers une riposte régionale coordonnée
L’affaire QNET illustre la nécessité d’une approche collective face aux escroqueries transfrontalières. Car si le Burkina Faso a frappé fort, la Côte d’Ivoire, avec son rôle central en Afrique de l’Ouest, pourrait être le moteur d’une coalition régionale destinée à endiguer ces pratiques.
Au-delà de la répression, la véritable arme reste la prévention : informer, éduquer et sensibiliser. En cela, l’exemple ivoirien combinant vigilance institutionnelle et campagnes citoyennes apparaît comme une voie à suivre pour d’autres pays confrontés à ces menaces.
