Un vaste réseau criminel francophone, composé majoritairement de ressortissants d’Afrique de l’Ouest, inquiète les autorités canadiennes. Installés au Québec, ses membres sont accusés de multiplier les fraudes amoureuses, le blanchiment d’argent et l’exportation de véhicules volés vers l’Afrique.
Des « étudiants » aux méthodes bien rodées
Selon Radio-Canada, plus de 200 individus liés à cette organisation vivraient déjà au Québec. Beaucoup seraient arrivés grâce à de faux permis d’études, utilisés comme portes d’entrée pour contourner les contrôles. Une fois sur place, ces pseudo-étudiants abandonnent les universités régionales pour se consacrer à leurs activités frauduleuses.
De la romance à la ruine
Le stratagème le plus répandu reste la fraude amoureuse. Par courriels, réseaux sociaux ou messageries, les escrocs se font passer pour des partenaires attentionnés avant d’extorquer de l’argent. Les pertes recensées au Canada dépassent 60 millions de dollars en 2024, mais les services frontaliers estiment que la somme réelle atteindrait près d’un demi-milliard. « Ce n’est que la pointe de l’iceberg », alerte Karine Caron, analyste de renseignement à l’Agence des services frontaliers du Canada.
Un réseau structuré et international
Les criminels utilisent de fausses identités, des comptes bancaires multiples et des sociétés-écrans pour faire transiter l’argent vers l’Afrique. Western Union, MoneyGram, cryptomonnaies ou encore entreprises complices servent à blanchir les fonds. Certaines enquêtes évoquent même des liens avec des organisations terroristes.
Des voitures canadiennes dans les rues d’Abidjan
Outre les arnaques sentimentales, le réseau se distingue aussi dans le vol et l’exportation de véhicules. Des dizaines de voitures dérobées au Québec et en Ontario ont été retrouvées en Côte d’Ivoire grâce à Interpol.
Une menace grandissante
Pour les spécialistes, cette « mafia africaine », encore jeune mais déjà très organisée, s’inspire des modèles nigérians et pourrait devenir une menace majeure dans les années à venir. « Le Québec est devenu un eldorado pour ces criminels », prévient le criminologue ivoirien Ladji Bamba.
