La Cour de cassation de la République démocratique du Congo a rendu, mardi, un verdict lourd de conséquences contre Constant Mutamba, ancien ministre de la Justice. Âgé de 37 ans et considéré comme une figure montante de la scène politique, il a été condamné à trois ans de travaux forcés pour détournement de fonds publics.
Selon le juge Jacques Kabasele, président de la formation de jugement, l’infraction a été établie à la charge du prévenu : 19 millions de dollars, destinés à la construction d’une prison moderne à Kisangani (province de la Tshopo), auraient transité par la société Zion Construction, soupçonnée d’avoir servi de paravent à des enrichissements personnels.
En plus de sa peine de prison, Mutamba se voit infliger :
- cinq ans d’inéligibilité et d’interdiction de vote,
- son exclusion définitive de la fonction publique,
- et l’obligation de restituer les fonds détournés.
En juin dernier, Mutamba avait présenté sa démission au président Félix Tshisekedi, affirmant vouloir « laisser la voie à la justice », tout en dénonçant des accusations « politiquement motivées ». Proche de certains cercles d’opposition, il avait qualifié le dossier de tentative d’écarter un rival encombrant.
Cette condamnation marque un tournant dans un pays où la lutte contre la corruption reste un enjeu crucial et scruté par l’opinion publique comme par la communauté internationale.
