Depuis plusieurs mois, l’affaire du remblayage illégal de la lagune Ébrié à Abidjan suscite une vive inquiétude au sein de l’opinion publique ivoirienne, avec des citoyens, activistes et personnalités publiques qui tirent la sonnette d’alarme et appellent les autorités à agir fermement.
Une mobilisation contre des pratiques jugées illégales
À l’avant-plan de ces voix, Jean Christian Konan a lancé une pétition pour l’arrêt du remblayage illégal sur la lagune, dénonçant une appropriation progressive du domaine lagunaire par des acteurs privés et la transformation de l’espace en terrains à construire ou à vendre. Cette pétition, publiée sur Change.org , appelle notamment à l’arrêt immédiat des remblayages, à la restauration des zones dégradées, au respect des lois environnementales en vigueur et à la mise en place d’un mécanisme de contrôle pour protéger la lagune.
Parallèlement, Assalé Tiémoko et d’autres militants environnementaux ont relayé sur les réseaux sociaux des vidéos et des messages dénonçant ce qu’ils qualifient de « remblayage anarchique » et de destruction progressive de la lagune. Ils estiment que, malgré l’interdiction formelle de toute opération de remblayage sans autorisation, ces activités persistent, fragilisant l’écosystème et menaçant les populations riveraines.
Un phénomène pourtant interdit par la loi
Le sujet n’est pas nouveau : depuis plusieurs années, les autorités ivoiriennes ont interdit le remblayage des rivages de la lagune Ébrié et d’autres voies d’eau. Une décision gouvernementale de 2019, suivie d’une mesure du 23 février 2022, a suspendu tous les travaux de remblayage en cours, renforcé les sanctions et institué une brigade spéciale pour lutter contre ces pratiques.
Malgré ce cadre juridique strict, des observateurs, citoyens et activistes comme Jean Christian Konan affirment que des remblais continuent d’être réalisés sans autorisation, souvent sous couvert de projets immobiliers ou économiques. Les critiques soulignent que ces opérations entraînent une perte de surface lagunaire, une destruction de la biodiversité, l’aggravation des risques d’inondation et la dégradation des voies navigables, ce qui compromet l’avenir de la lagune et des activités qui en dépendent.
Enjeux environnementaux et sociaux
La lagune Ébrié, qui s’étend sur des dizaines de kilomètres autour d’Abidjan, est l’un des principaux écosystèmes aquatiques du pays. Reliée à l’océan Atlantique par le canal de Vridi, elle joue un rôle vital dans le transport lagunaire, la pêche artisanale, la biodiversité, l’assainissement et la sécurité hydrologique de la capitale économique.
Les voix comme celles de Konan et Tiémoko mettent également en avant le risque d’effets sanitaires et socio-économiques pour les communautés riveraines, qui dépendent de la lagune pour leur subsistance et leur mobilité. Ils appellent à plus de transparence, de conformité aux lois environnementales et à une véritable stratégie de préservation de ce patrimoine naturel.
Appel à l’action
La pétition signée par des centaines de personnes récentes appelle les autorités à :arrêter immédiatement tout remblayage illégal ; restaurer les zones déjà détruites ; annuler toute autorisation irrégulière de remblayage ; mettre en place un mécanisme de suivi et de contrôle renforcé pour protéger la lagune. Alors que le débat gagne en visibilité et que des organisations de société civile multiplient les messages de sensibilisation, la question du remblayage de la lagune Ébrié demeure un enjeu environnemental, juridique et social majeur pour la Côte d’Ivoire.
