La scène politique ivoirienne est parfois un théâtre d’ambiguïtés. Et l’une des figures les plus scrutées en ce moment est celle du ministre-gouverneur du District autonome de Yamoussoukro, Augustin Thiam , frère aîné de Tidjane Thiam, président du PDCI et candidat déclaré à la présidentielle de 2025.
D’un côté, Augustin Thiam affirme sa
fidelité et sa loyauté indéfectibles à Alassane Ouattara et au RHDP. À chaque sortie publique, il répète : « Je reste droit dans mes bottes, fidèle au chef de l’État ». Mais de l’autre, il ne manque jamais une occasion de défendre son frère face aux attaques personnelles venues parfois même du camp présidentiel.
Cette double posture nourrit une interrogation grandissante : Augustin Thiam est-il un RHDP convaincu ou un PDCI en réserve, masqué par ses responsabilités institutionnelles ?
Une loyauté proclamée… mais questionnée
Les proches du pouvoir saluent son attachement au RHDP. Mais certains observateurs rappellent qu’il a publiquement dénoncé les attaques contre Tidjane Thiam, n’hésitant pas à pointer du doigt des excès dans son propre camp. D’où une question : loyauté politique et loyauté familiale peuvent-elles vraiment coexister sans heurts dans un contexte aussi polarisé ?
La fin d’un cycle à Yamoussoukro ?
Augustin Thiam a récemment laissé entendre qu’il pourrait quitter ses fonctions de gouverneur en octobre 2025, après le scrutin. Pour ses partisans, il s’agit d’un départ volontaire et honorable. Pour ses détracteurs, cela traduit un malaise politique et peut-être une volonté de se repositionner dans le paysage post-électoral.
Entre Ouattara et Tidjane, quel choix demain ?
Poliment, il renvoie chacun à sa ligne officielle : le frère est candidat, mais lui reste loyal au chef de l’État. Pourtant, dans une Côte d’Ivoire où chaque mot pèse lourd, ses prises de position sont décortiquées. Beaucoup y voient l’illustration d’un homme pris entre deux fidélités, et qui pourrait être contraint tôt ou tard de choisir.
la posture d’Augustin Thiam alimente les débats. RHDP le jour, frère la nuit ? C’est la question que se posent de plus en plus d’Ivoiriens, dans un climat politique où la moindre ambiguïté devient vite… polémique.
