Des pays comme le Togo (dès 2004), le Ghana et le Bénin ont officiellement prohibé l’importation, le stockage et la commercialisation des croupions de dinde.
Les autorités sanitaires de ces pays justifient cette mesure par des risques majeurs pour la santé publique :
Le croupion est la partie anatomique où la dinde stocke la majorité de sa graisse. Sa teneur en cholestérol et en acides gras saturés est particulièrement élevée.
Une consommation régulière favorise l’apparition de l’obésité, de l’hypertension artérielle, du diabète et de maladies cardiovasculaires graves.
Les autorités sanitaires régionales pointent souvent du doigt les substances (hormones, antibiotiques, conservateurs) et les procédés de transformation industrielle utilisés dans les circuits d’exportation.
« Ils en exportent mais ne en consomment pas » : Le paradoxe de l’exportation
Les déclarations concernant l’absence de consommation dans les pays exportateurs reposent sur des éléments de politique industrielle et sanitaire avérés :
En Europe ou aux États-Unis, le croupion de dinde est considéré comme une partie de très faible valeur marchande ou un sous-produit éliminé des circuits de distribution classiques au profit de morceaux plus maigres (blancs, cuisses).
Pour écouler ces surplus de découpe à forte teneur en graisse, les industriels agroalimentaires occidentaux les ont longtemps exportés massivement vers des pays émergents ou en développement à des prix défiant toute concurrence.
Dans plusieurs pays producteurs, des régulations locales sur les teneurs en matières grasses dans les viandes commercialisées freinent la vente directe de ces morceaux gras au grand public.
Le défi de la contrebande et du marché informel
Malgré les arrêtés ministériels et les campagnes d’avertissement répétées par les organismes de sécurité sanitaire, le produit continue de circuler :
Son coût très abordable en fait une source de protéine attrayante pour les ménages à faible revenu.
Le commerce s’est déplacé vers les circuits informels et les marchés frontaliers sous des dénominations codées.
L’interdiction du croupion de dinde par plusieurs gouvernements ouest-africains s’inscrit dans une politique de protection contre la « poubelle alimentaire » et la montée des maladies non transmissibles (AVC, crises cardiaques, obésité).
