Le tribunal correctionnel de Dakar a rendu son verdict, jeudi 21 août 2025, dans l’affaire très médiatisée de Fatou Kiné Cissé, présentée comme « vendeuse d’armes ». La directrice de la société Tahar Projects a écopé d’une peine de deux ans de prison, dont un an ferme, une sanction plus lourde que les six mois fermes initialement requis par le parquet.
Des accusations liées à la sécurité présidentielle
Fatou Kiné Cissé était poursuivie pour diffusion de fausses nouvelles et discrédit jeté sur la gendarmerie nationale, après ses déclarations polémiques au sujet de la sécurité du président Bassirou Diomaye Faye et de son Premier ministre Ousmane Sonko. Dans une vidéo largement relayée sur les réseaux sociaux, elle avait affirmé que la protection présidentielle était fragilisée par la nomination d’un officier supposément proche de l’ancien chef de l’État, Macky Sall, et du général Moussa Fall.
À la barre, la prévenue avait reconnu être l’auteure de la vidéo tout en présentant ses excuses :
« Je n’ai diffamé personne, j’ai simplement donné mon opinion en me basant sur le contexte géopolitique. Je suis désolée », avait-elle déclaré, implorant le pardon du peuple sénégalais et des juges.
Une défense affaiblie
Ses avocats, Me Michel Mahecor Diouf et Me Seyba Danfakha, avaient plaidé la clémence en produisant notamment un dossier médical attestant d’une fracture du bassin qui l’avait contrainte à une hospitalisation prolongée. Mais ces arguments n’ont pas suffi à convaincre la juridiction, qui a confirmé la sévérité de la sanction.
Détenue provisoirement depuis le 23 avril 2025, Fatou Kiné Cissé restera derrière les barreaux. Son conseil a dénoncé une peine « particulièrement sévère » et annoncé un appel dès lundi, assorti d’une demande de liberté provisoire.
Une affaire qui divise
Cette condamnation relance le débat sur la liberté d’expression et les limites de la critique publique au Sénégal. Pour certains, les propos de Fatou Kiné Cissé constituaient une atteinte grave à la sécurité de l’État. Pour d’autres, il s’agit d’une sanction disproportionnée contre une citoyenne qui exprimait une opinion, certes polémique, mais dans un contexte de forte tension politique.
