C’est un tournant stratégique majeur dans la politique de défense du Sénégal. En visite officielle à Ouagadougou, le Premier ministre Ousmane Sonko a annoncé, lors d’un entretien avec la Radiodiffusion Télévision du Burkina (RTB), la fermeture définitive de toutes les bases militaires étrangères présentes sur le territoire sénégalais d’ici juillet 2025.
Selon Sonko, tous les pays concernés ont été formellement notifiés, et le processus de retrait est déjà en cours. Une première base aurait d’ailleurs été récemment évacuée. « Nous avons nos propres forces de défense et de sécurité, capables d’assurer la protection du territoire national », a-t-il affirmé, réaffirmant la volonté du gouvernement de renforcer l’autonomie stratégique du pays.
Cette décision s’inscrit dans une dynamique de souveraineté assumée, dans un contexte régional où plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest réévaluent la présence militaire étrangère sur leur sol. En novembre 2024 déjà, Dakar avait demandé la fin de la présence militaire française au Sénégal. La France a commencé à restituer certaines installations dès mars 2025, marquant les premiers pas vers ce retrait total.
Pour Ousmane Sonko, il ne s’agit pas d’une rupture diplomatique, mais d’un rééquilibrage des partenariats, sur des bases plus respectueuses des intérêts du Sénégal. Cette annonce intervient alors que la France, ex-puissance coloniale, a été contrainte de retirer ses troupes du Mali, du Burkina Faso et du Niger ces dernières années, dans un climat de rejet croissant de sa présence militaire en Afrique de l’Ouest.
Le retrait complet est prévu avant fin juillet 2025, comme l’a réaffirmé le Premier ministre. Une décision historique, qui marque une nouvelle ère dans les relations internationales du Sénégal et son affirmation comme acteur souverain de sa sécurité.
