La Cour suprême du Sénégal a tranché : Ousmane Sonko, figure majeure de l’opposition sénégalaise et actuel Premier ministre, a été définitivement condamné à 6 mois de prison avec sursis et à verser 200 millions de francs CFA de dommages et intérêts pour diffamation à l’encontre de l’ancien ministre du Tourisme, Mame Mbaye Niang.
Retour sur les faits
L’affaire remonte à 2021. Lors d’une conférence de presse, Ousmane Sonko avait accusé Mame Mbaye Niang d’avoir été impliqué dans une mauvaise gestion du Programme des domaines agricoles communautaires (PRODAC), en affirmant s’appuyer sur un rapport de l’Inspection générale des finances. Sauf que ce rapport n’a jamais été produit devant la justice.
Saisi pour diffamation, le tribunal avait rendu une première décision en mars 2023, confirmée en appel. La défense de Sonko avait saisi la Cour suprême, espérant un rabat d’arrêt (dernier recours). Ce 1er juillet 2025, la plus haute juridiction a rejeté ce recours, rendant la condamnation définitive.
Une décision lourde de conséquences
Outre les 200 millions FCFA d’amende qu’il devra verser à Mame Mbaye Niang, cette décision confirme aussi une sanction politique : l’inéligibilité de Sonko pendant cinq ans, selon le Code électoral sénégalais.
Cette condamnation avait d’ailleurs déjà pesé lourd sur l’échiquier politique, empêchant Sonko de se présenter à l’élection présidentielle de 2024. À l’époque, son éviction avait provoqué une vague de protestations à travers le pays, entraînant des manifestations violentes et des arrestations.
Un verdict controversé
Si le camp de Mame Mbaye Niang s’est réjoui de cette décision, les partisans de Sonko dénoncent une justice instrumentalisée. Pour eux, cette affaire s’inscrit dans une série de manœuvres visant à neutraliser un opposant populaire.
