La dernière mise à jour de la Direction de la Prévision et des Études Économiques (Dpee) tire la sonnette d’alarme : la dette publique sénégalaise a atteint un niveau historique de 23 535,9 milliards de francs CFA en 2024, contre 20 674 milliards un an plus tôt, soit une flambée de 13,8 %. Une progression qui confirme l’alourdissement d’un fardeau déjà dénoncé par les nouvelles autorités, notamment à travers l’existence d’une « dette cachée ».
Dans ce total, la dette extérieure écrase le bilan avec 17 076,7 milliards de francs CFA, tandis que la dette intérieure s’élève à 6 459,2 milliards. Cette dépendance croissante à l’endettement international expose le pays à de graves risques en cas de hausse des taux d’intérêt ou de dépréciation monétaire.
Le service de la dette extérieure – c’est-à-dire le remboursement des créanciers – a coûté 1 538 milliards de francs CFA en 2024, soit 41,7 % des recettes budgétaires. Ce chiffre est presque deux fois supérieur au seuil de 22 % recommandé dans les analyses de viabilité. Autrement dit, près d’un franc sur deux collecté par l’État sert aujourd’hui à payer des dettes, réduisant drastiquement les marges de manœuvre pour investir dans les infrastructures, la santé ou l’éducation.
Et la situation pourrait s’aggraver. Selon les projections de la Dpee, la dette atteindra 25 475,9 milliards de francs CFA en 2025, représentant 117,5 % du PIB. Un niveau qui dépasserait le seuil critique de soutenabilité et qui pourrait forcer le Sénégal à envisager des politiques d’austérité, au risque de freiner la croissance et de provoquer des tensions sociales.
Le pays est désormais face à un dilemme : maîtriser rapidement l’endettement ou s’exposer à une crise financière majeure.
