C’est une prise de parole qui risque de faire trembler l’un des plus puissants groupes de Côte d’Ivoire. Longtemps présenté comme le cerveau d’un système de détournement massif à la SNEDAI, l’ancien cadre N’Da Hivé Kouamé a décidé de rompre un silence de plusieurs mois. Depuis son exil, il livre une version des faits qui prend à contre-pied le récit officiel.
« On ne détruit pas un homme pour protéger un système »
D’entrée de jeu, l’ancien collaborateur d’Adama Bictogo pose ses conditions : il refuse d’être la « caricature » que l’on présente à l’opinion publique. Pour lui, son nom a été jeté en pâture pour éviter de regarder la réalité d’une gouvernance complexe.
« On ne sacrifie pas un homme sur l’autel de luttes internes, ni sur l’autel d’ambitions de clan », martèle-t-il.
Les révélations chocs sur les coulisses du Groupe
Au fil de ses propos, N’Da Hivé Kouamé démonte point par point les accusations qui pèsent sur lui :
Il précise qu’il n’était que « Directeur Comptable » et non Directeur Financier (DAF). Selon lui, dans une structure comme la SNEDAI, aucun décaissement n’est possible sans une chaîne de validation longue et verrouillée au sommet.
Un Départ « Autorisé » : Contrairement à la thèse de la fuite, il affirme être sorti du pays avec l’aval de ses supérieurs pour une absence courte, avant que le scénario ne se retourne contre lui en son absence. Il lance une pique sévère contre ses détracteurs sur les réseaux sociaux, affirmant que certains communicants qui le salissent aujourd’hui venaient autrefois récupérer des « enveloppes » au bureau pour soigner l’image du groupe.
« Qui décide ? Qui signe ? Où va l’argent ? »
Pour N’Da Hivé Kouamé, la vérité ne se trouve pas dans les slogans mais dans les pièces comptables. Il met au défi quiconque de remonter la chaîne des responsabilités. Il pointe du doigt une gouvernance familiale qui aurait pour réflexe de « désigner un visage » dès qu’un scandale éclate.
« Un paiement se décide, se valide, s’exécute et s’encaisse. Je n’étais que l’exécutant de chiffres sous une hiérarchie directe », insiste-t-il.
Des preuves bientôt sur la table ?
L’ex-cadre assure qu’il ne fait pas de « bruit » pour rien. Il affirme détenir des enregistrements, des messages et des preuves d’instructions reçues qu’il compte remettre aux autorités compétentes au moment opportun. Son objectif ? Un procès équitable où l’on jugera des faits, et non une réputation.
Dix années de loyauté se terminent aujourd’hui dans une trahison que N’Da Hivé Kouamé qualifie de « grotesque ». Le « sachant » a décidé de parler, et ses révélations pourraient bien changer la donne judiciaire.
