Politique

Tidjane Thiam saisit l’ONU : vers une crise électorale en Côte d’Ivoire ?

Tidjane Thiam, président du PDCI-RDA et candidat déclaré à l’élection présidentielle ivoirienne, a officiellement saisi le Comité des droits de l’homme de l’ONU. Cette décision intervient suite à sa radiation de la liste électorale par la Commission Électorale Indépendante (CEI), une décision qu’il juge arbitraire et politiquement motivée.

Pourquoi Tidjane Thiam a-t-il été radié ?

Selon la CEI, Tidjane Thiam aurait perdu sa nationalité ivoirienne après avoir acquis la nationalité française en 1987. Bien qu’il ait renoncé à cette nationalité française en mars 2025, les autorités judiciaires estiment que cette démarche ne suffit pas à rétablir automatiquement ses droits civiques en Côte d’Ivoire.

« Il ne s’agit pas d’un débat juridique, mais d’un combat pour la démocratie et l’égalité des chances », a déclaré Tidjane Thiam dans un communiqué.

Pourquoi saisir l’ONU ?

La saisine du Comité des droits de l’homme des Nations Unies repose sur une violation présumée du Pacte international relatif aux droits civils et politiques, ratifié par la Côte d’Ivoire en 1997. En clair, Thiam dénonce une exclusion politique déguisée, qui l’empêche d’exercer ses droits fondamentaux.

Cette démarche vise également à alerter la communauté internationale sur les risques d’un scrutin non inclusif en octobre 2025.

Réactions politiques et tensions internes

Plusieurs figures de l’opposition, notamment Simone Gbagbo du CAP-CI, ont exprimé leur inquiétude. Elle a dénoncé un « verrouillage démocratique » et appelé à un dialogue inclusif pour éviter une nouvelle crise post-électorale.

Le PDCI-RDA a, de son côté, lancé un appel à la mobilisation populaire et internationale pour restaurer les droits politiques de son leader.

Quelles conséquences pour la présidentielle 2025 ?

L’affaire Tidjane Thiam contre l’État ivoirien pourrait entacher la crédibilité du processus électoral :

  • Perte de confiance dans la CEI et le système judiciaire
  • Risque de boycott ou de contestation des résultats
  • Fragilisation de la stabilité politique en Côte d’Ivoire

L’enjeu dépasse le cas Thiam : il s’agit de garantir une élection transparente, inclusive et crédible, fondement d’une démocratie véritable.

La saisine de l’ONU par Tidjane Thiam est un acte politique fort, qui expose les limites de l’État de droit en Côte d’Ivoire. En excluant un candidat de premier plan, les autorités ivoiriennes prennent le risque de radicaliser l’opinion et de ternir l’image du pays à l’international.

L’élection présidentielle de 2025 s’annonce donc sous haute tension, et le respect des droits fondamentaux devra rester au cœur des préoccupations nationales et internationales.

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