À la demande du Comité Exécutif de la Fédération Ivoirienne de Football (FIF), la maison Élie Kuame a conçu une collection qui s’inscrit dans une continuité historique, et non dans une simple recherche esthétique.
Historiquement, l’espace ivoirien s’est construit au carrefour de plusieurs civilisations : Akan, Krou, Mandé et Gour. Ces peuples ont toujours utilisé le vêtement comme un langage social, un marqueur de rang, de victoire, de spiritualité et de pouvoir. Chez les Akan notamment, le textile n’était pas décoratif : il racontait le statut de celui qui le portait.
Le pagne KITA, utilisé dans cette collection, trouve ses racines dans les anciens royaumes Akan de la région forestière. Traditionnellement réservé aux élites, aux chefs et aux moments de célébration, il était tissé de fils précieux et orné de symboles codés. L’intégration des motifs Adinkra, langage visuel ancestral, renforce cette dimension historique : chaque symbole porte une valeur victoire, force, unité, endurance directement liée à l’identité des champions d’Afrique.
La chemise blanche s’inscrit dans la continuité des tenues cérémonielles portées lors des grands moments politiques et spirituels en Côte d’Ivoire, où le blanc symbolise la pureté, la paix et la légitimité. Les boutons à pois Baoulé rappellent un héritage souvent discret mais central dans l’histoire textile ivoirienne, où l’ornement n’était jamais gratuit, mais porteur de sens.
Le pantalon sport à fente introduit volontairement une rupture contemporaine. Ce choix traduit une réalité historique : les sociétés ivoiriennes ont toujours su adapter leurs codes aux époques, intégrant l’influence du mouvement, du voyage et de l’ouverture.
Enfin, la cape royale des Éléphants s’inspire directement des attributs de pouvoir des rois et chefs traditionnels, où la cape n’était pas un simple vêtement, mais un symbole de protection, d’autorité et de transmission. Elle rappelle que les Éléphants ne représentent pas seulement une équipe, mais une nation victorieuse.
Cette tenue dérange parce qu’elle refuse une vision figée de la tradition. Elle assume une vérité historique : la culture ivoirienne n’a jamais été immobile. Elle évolue, se transforme et se réinvente, tout en restant fidèle à ses racines.
Être typiquement ivoirien, ce n’est pas rester dans le passé, c’est le porter avec fierté dans le présent.
