La sécurité est devenue l’un des critères majeurs qui façonnent l’image, l’attractivité et la qualité de vie des grandes métropoles africaines. Dans un contexte où kidnapping, car-jacking, agressions et vols constituent des réalités auxquelles aucune grande ville du monde n’échappe, les capitales africaines redoublent d’efforts pour rassurer résidents, investisseurs et visiteurs.
C’est dans cette logique que s’inscrit l’enquête menée en octobre 2025 par Jeune Afrique Intelligence Unit et Sagaci Research auprès de 7 877 résidents permanents répartis dans 41 villes africaines. Intégrée au palmarès des 30 villes africaines les plus attractives, cette étude évalue la sécurité à travers le prisme de la qualité de vie, aux côtés des infrastructures, de l’emploi et des services essentiels.
Kigali, Rabat, Alexandrie en tête
Le trio de tête des villes perçues comme les plus sûres du continent est constitué de Kigali, Rabat et Alexandrie. Une performance qui confirme la place prépondérante des villes marocaines et égyptiennes dans ce classement, avec Casablanca, Tanger et Marrakech également dans le top 10.
À l’opposé, les métropoles sud-africaines continuent de souffrir d’une image dégradée en matière de sécurité, malgré leur poids économique et leur attractivité globale.
L’Afrique de l’Ouest avance… et Abidjan s’affirme
Mais l’un des enseignements majeurs de cette enquête concerne l’Afrique de l’Ouest, où plusieurs capitales économiques affichent une nette amélioration de la perception sécuritaire.
Si Cotonou crée la surprise en décrochant la 7e place, devant Abuja et Accra, Abidjan se distingue en se classant 13e sur le volet sécurité, devant des mégapoles comme Lagos (17e) et Dakar (20e).
Un résultat loin d’être anodin.
Abidjan, souvent perçue comme une métropole dynamique, bouillonnante et en pleine croissance, montre ici un autre visage : celui d’une ville où l’ordre, la régulation urbaine et les efforts des autorités en matière de sécurité commencent à produire des effets visibles dans le ressenti des habitants.
Une perception qui change
Ce classement est d’autant plus significatif que le panel 2025 est composé majoritairement de résidents effectifs, et non plus de simples lecteurs ou observateurs extérieurs. Autrement dit, il reflète le vécu quotidien des habitants.
Dans ce contexte, la 13e place d’Abidjan traduit :
- une amélioration du sentiment de sécurité dans les quartiers stratégiques,
- une meilleure présence des forces de l’ordre,
- des infrastructures urbaines plus structurées,
- et une vie économique qui se déroule dans un climat relativement stable.
Pour une ville qui attire chaque année davantage d’investisseurs, d’expatriés, de touristes et d’entrepreneurs africains, cette perception positive constitue un atout stratégique majeur.
Sécurité et attractivité : un lien direct
Les pouvoirs publics l’ont bien compris : sans sécurité, il n’y a ni attractivité, ni développement durable. Abidjan semble aujourd’hui récolter les fruits de cette prise de conscience.
Dans un continent où certaines grandes métropoles peinent encore à rassurer leurs populations, Abidjan s’installe progressivement comme une valeur sûre en Afrique de l’Ouest, une ville où l’on peut travailler, entreprendre, circuler et vivre avec un niveau de sérénité de plus en plus reconnu.
Ce classement 2025 n’est pas une fin en soi, mais il envoie un signal fort :
Abidjan ne brille pas seulement par son dynamisme économique, mais aussi par le climat de sécurité ressenti par ceux qui y vivent au quotidien.
