C’est une décision qui fait l’effet d’un véritable coup de massue dans le paysage musical ivoirien. Le tube « Coup du marteau », devenu l’hymne officieux de la CAN 2023 remportée par la Côte d’Ivoire et l’un des morceaux les plus populaires du continent ces dernières années, est désormais interdit de diffusion et de streaming sur l’ensemble du territoire ivoirien.
La mesure a été prise le 24 décembre dernier par le Tribunal de première instance d’Abidjan, à la suite d’un litige financier opposant les auteurs du titre, rapporte Brut Afrique.
Un silence brutal au moment de l’euphorie nationale
L’interdiction est d’autant plus marquante qu’elle intervient dans un contexte sportif chargé d’émotion. Alors que les Éléphants validaient leur qualification pour les huitièmes de finale de la CAN 2025 au terme d’un incroyable scénario face au Gabon, les supporters ivoiriens n’ont pas pu célébrer ce moment en écoutant légalement le morceau devenu symbole de leur sacre continental.
Diffusé en boucle lors de la CAN organisée en Côte d’Ivoire en 2024, « Coup du marteau » a dépassé les frontières, cumulant près de 160 millions de vues sur YouTube, et reste encore aujourd’hui joué dans les stades marocains à la mi-temps des matchs de la CAN 2025.
Un conflit autour du partage des revenus
À l’origine de cette interdiction : un désaccord profond sur la répartition des droits et des revenus générés par le titre. Le morceau, porté par le rappeur Tam Sir et présenté comme un featuring avec le groupe Team Paiya, fait l’objet d’une contestation de la part de ces derniers.
Les membres de Team Paiya affirment être co-auteurs du titre, assurant avoir participé activement à la création, à l’enregistrement et à la promotion du morceau. Ils estiment être lésés dans le partage des droits d’auteur, droits voisins et revenus liés aux téléchargements, dont les retombées financières se chiffreraient à plusieurs millions de francs CFA.
Tam Sir visé par une sanction financière
La Team Paiya, composée de Doupi Papillon, Noukou Loba, Zagba le Rekin, Momo Hayek, Toumalewé et Samo Samo, a saisi le juge des référés avec l’appui de Maître Joëlle Likane et Maître Ismaël Koné. Le groupe accuse Tam Sir de s’être présenté comme seul auteur du morceau auprès du Bureau ivoirien du droit d’auteur.
Le tribunal leur a donné raison à titre provisoire, ordonnant la suspension immédiate de l’exploitation du titre sur tous les supports accessibles en Côte d’Ivoire : plateformes de streaming, supports audio et vidéo.
En attendant une décision définitive, Tam Sir a également été condamné à une astreinte de 100 000 FCFA par jour de retard, tant que la situation ne sera pas régularisée.
Une décision provisoire, un symbole fort
Il est important de préciser que cette interdiction est provisoire et limitée au territoire ivoirien. Aucune durée précise n’a été communiquée, le dossier restant en attente d’un règlement définitif entre les parties.
En attendant, l’un des plus grands hymnes de l’histoire récente du football africain est réduit au silence dans son propre pays, rappelant avec force les enjeux juridiques et financiers qui entourent désormais les succès musicaux à grande échelle.
