Avant de devenir l’un des duos les plus influents du zouglou, Gervais Dali Djédjé (Yodé) et Sylvain Decavailles Aba (Siro) ont fait leurs armes au sein du groupe Les Poussins Chocs dans les années 1990. Leur premier grand succès, « Asec-Kotoko », inspiré d’un événement tragique lié au football ouest-africain, leur ouvre les portes de la célébrité. Après la disparition de Fifi Django, les deux artistes poursuivent l’aventure en duo et lancent officiellement Yodé et Siro.
Des tubes qui ont marqué plusieurs générations
Contrairement à de nombreux artistes qui privilégient les chansons festives, Yodé et Siro ont toujours choisi de parler des réalités ivoiriennes.
Parmi leurs titres les plus populaires figurent :
- Asec-Kotoko
- Victoire
- Marie-Jo
- Sign’Zo
- Les 49
- Plusieurs chansons dénonçant l’injustice sociale, la corruption, le chômage ou encore les divisions politiques.
Leur recette est simple : un langage populaire, beaucoup d’humour et des messages qui touchent directement le quotidien des Ivoiriens.
Les artistes qui n’ont jamais cessé de parler au nom du peuple
Depuis plus de deux décennies, Yodé et Siro se définissent comme des artistes engagés. Le duo n’a jamais hésité à commenter l’actualité politique, économique ou sociale du pays, parfois au risque de susciter des polémiques. Cette liberté de ton leur a valu autant d’admirateurs que de critiques, mais elle a surtout renforcé leur image de « porte-voix du peuple ».
Une fondation qui plante l’espoir dans toute la Côte d’Ivoire
L’aspect le plus méconnu de leur carrière est sans doute leur engagement écologique.
À travers la Fondation YES (Yodé et Siro), les deux artistes ont lancé une vaste campagne nationale de reboisement. Leur action a permis de restaurer des centaines d’hectares de forêts classées à travers le pays et de mobiliser des milliers de citoyens autour de la protection de l’environnement.
Leur engagement a d’ailleurs été récompensé par le Prix National d’Excellence, qui les a distingués comme acteurs majeurs du reboisement en Côte d’Ivoire. Selon les chiffres communiqués lors de cette distinction, plus de 800 000 plants ont été mis en terre dans plusieurs régions du pays.

Une actualité toujours riche en 2026
Alors que beaucoup de groupes de leur génération ont disparu, Yodé et Siro continuent d’occuper l’espace culturel ivoirien. En 2026, ils restent actifs dans la production musicale et accompagnent également de jeunes talents de la scène ivoirienne. Ils ont récemment annoncé leur volonté de produire l’artiste Mymy Blonde, preuve que leur influence dépasse largement leur propre carrière.
Le duo continue également d’être présent dans les grands débats de société et les initiatives citoyennes qui touchent la Côte d’Ivoire.
Plus qu’un groupe, un symbole
Dans un paysage musical en constante évolution, Yodé et Siro font figure d’exception. Ils ont traversé les générations sans renier leur identité, sans abandonner le zouglou authentique et sans tourner le dos aux préoccupations des populations.
Pour beaucoup d’Ivoiriens, ils représentent aujourd’hui bien plus qu’un simple groupe de musique : ils sont devenus une mémoire vivante de la Côte d’Ivoire, un miroir de ses difficultés, de ses espoirs et de ses combats.































