C’est un soulagement partiel pour des milliers d’étudiants africains, notamment ivoiriens. Après une vague de critiques venues des universités, des syndicats et des organisations étudiantes, le gouvernement français a finalement décidé d’assouplir sa réforme sur les frais de scolarité des étudiants étrangers hors Union européenne.
En avril dernier, le ministre français de l’Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, avait annoncé vouloir appliquer de manière beaucoup plus stricte les “droits d’inscription différenciés” instaurés depuis 2019. Une mesure qui devait entraîner une forte augmentation des frais universitaires pour les étudiants extracommunautaires.
Concrètement, les étudiants non européens devaient payer jusqu’à 2 895 euros par an en licence contre seulement 178 euros actuellement, et près de 3 941 euros en master au lieu de 254 euros. Une hausse jugée brutale par de nombreux observateurs, particulièrement pour les étudiants africains qui représentent une importante communauté dans les universités françaises.
Un recul face à la pression
Face à la colère grandissante dans le milieu universitaire, le gouvernement français a finalement revu sa copie. Désormais, les universités pourront exonérer jusqu’à 20 % de leurs étudiants étrangers de ces nouveaux frais, avec des mesures transitoires plus souples : 30 % d’exonérations dès la prochaine rentrée puis 25 % en 2027.
Une décision qui intervient alors que plusieurs manifestations étudiantes ont éclaté en France pour dénoncer une réforme considérée comme discriminatoire et contraire à l’image d’ouverture de l’enseignement français.
Les étudiants ivoiriens particulièrement concernés
Pour les étudiants ivoiriens, cette réforme représente un enjeu majeur. La France reste l’une des destinations les plus prisées par les jeunes de Côte d’Ivoire pour poursuivre des études supérieures. Chaque année, plusieurs milliers d’Ivoiriens rejoignent les universités françaises dans des filières variées : médecine, droit, informatique, commerce ou ingénierie.
Mais avec la flambée du coût de la vie, les difficultés de logement et les contraintes administratives déjà nombreuses, cette hausse des frais risquait de rendre les études en France presque inaccessibles pour de nombreuses familles ivoiriennes.
Même avec l’assouplissement annoncé, beaucoup craignent que les exemptions accordées par les universités restent insuffisantes face à la demande.
Entre attractivité et sélection sociale
Le gouvernement français défend cependant une stratégie visant à renforcer “l’attractivité” et la qualité de l’enseignement supérieur français à travers son programme “Choose France for Higher Education”. Mais pour plusieurs syndicats étudiants, cette réforme ressemble surtout à une sélection par l’argent.
« La France a toujours été une terre d’accueil universitaire », rappellent plusieurs organisations étudiantes qui dénoncent une logique de quotas et une fermeture progressive aux étudiants étrangers les moins favorisés.
Pour de nombreux étudiants ivoiriens, une question demeure désormais : la France restera-t-elle réellement accessible aux talents africains dans les années à venir ?































