La rupture est désormais totale entre le Burkina Faso et la France. Dans un communiqué publié ce vendredi 26 juin 2026, les autorités burkinabè ont annoncé la rupture immédiate de leurs relations diplomatiques avec Paris, mettant fin au dernier lien institutionnel qui unissait encore les deux États.
Le gouvernement de transition justifie cette décision par une dégradation profonde des relations bilatérales. Selon Ouagadougou, les conditions nécessaires à une coopération fondée sur le respect mutuel, la confiance, la non-ingérence et le respect de la souveraineté nationale « ne sont plus réunies ».
Les autorités burkinabè accusent également la France de mener un « activisme incessant » contre les intérêts du pays et évoquent des « ambitions néocoloniales », ainsi qu’un soutien présumé à des réseaux subversifs et à des groupes terroristes opérant au Burkina Faso et dans le Sahel. Des accusations que Paris a toujours rejetées.
Cette annonce s’inscrit dans la continuité d’un processus de rupture engagé depuis plusieurs années. En janvier 2023, le Burkina Faso avait dénoncé les accords de coopération militaire avec la France, entraînant le départ des forces françaises de l’opération Sabre. Depuis, plusieurs diplomates français ont été expulsés et des médias tels que RFI, France 24 puis TV5 Monde ont été suspendus sur le territoire burkinabè.
Parallèlement, Ouagadougou a renforcé son rapprochement avec la Russie et consolidé son alliance avec le Mali et le Niger au sein de l’Alliance des États du Sahel (AES), tout en diversifiant ses partenariats économiques, notamment avec la Chine.
Si cette décision entraîne notamment le rappel des ambassadeurs, la fermeture des représentations diplomatiques et la suspension des accords bilatéraux, le gouvernement burkinabè tient à préciser qu’elle ne remet pas en cause « les liens historiques, humains, culturels et sociaux » entre les peuples français et burkinabè.
Cette rupture diplomatique marque un tournant majeur dans les relations entre Paris et l’un de ses anciens partenaires les plus stratégiques en Afrique de l’Ouest et confirme la profonde recomposition géopolitique actuellement à l’œuvre dans la région.































